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Le trotting en endurance c’est un peu la figure imposée des carrés de dressage, l’oxer à la sortie du triple sur le parcours de saut d’obstacle, la réception pieds joints des voltigeurs…en somme, la clé de votre performance et de votre résultat en compétition. Ce n’est pas un simple aller-retour au trot pour montrer les allures souples de son cheval, non, c’est bien plus que ça et aujourd’hui cher rider je t’explique les clés d’un trotting réussi pour aller plus loin en compétition.

  1. l’apprentissage

Faire trotter son cheval en ligne ce n’est pas inné. Evidemment, à quel moment tout équidé bien constitué a-t-il envie de vous suivre en vous voyant tirer sur la longe et vous pavaner devant lui ? Il préférera tendre l’encolure au maximum tout en marchant et vous laissant vous fatiguer #CaSentLeVecu.

Ainsi, apprendre à un cheval à trotter en ligne droite, activement, sur commande, à vos côtés c’est une technique et les erreurs que l’on peut faire son nombreuses. Pour peu que ce soit un jour sans (soleil, motivation, chance, sandwich pour le véto…) vous risquez le doute voire l’élimination.

En course d’endurance il y a un trotting initial à faire, puis un à chaque étape pour passer à la boucle suivante et enfin le juge de paix : le contrôle final.

Un cheval bien préparé, en forme musculairement va en général rester constant dans ses trotting et permettre aux vétérinaires de bien juger une éventuelle boiterie. Il suffit d’une boucle plus dénivelée, d’un début de fatigue du à la chaleur ou à la vitesse, d’un cheval qui a froid ou parfois simplement d’un défaut pour que ce dernier ne trotte pas droit, pas de manière très souple ou élancée et le jugement devient difficile. Il faut donc bien connaitre son cheval, ses allures initiales et surtout s’entraîner pour faire des trottings les plus irréprochables possibles et ainsi être capable soit même de voir s son cheval boitte.

Les erreurs du débutant :

tentative de croquis sur tablette numérique…mouai…
  • regarder son cheval
  • tirer jusqu’en bout de longe
  • tourner à l’intérieur en bout de piste
  • donner un coup de longe vers les flancs
  • ne pas ralentir droit avant le virage
  • ne pas partir droit

Une fois que vous avez banni ces mauvaises habitudes tout va mieux. Premièrement lorsqu’on lance son cheval au trot on a tendance à le regarder pour voir s’il a démarré ou alors à tirer pour lui demander très explicitement de nous suivre, mais rares sont les mules qui répondent à l’appel n’est-ce pas ?

>> Le préparer à la maison. Faites un aller-retour au pas actif pour donner un tracé et mettre votre cheval à l’écoute, surtout pour un jeune cheval ou chez ces froids de selle-français. Promis j’ai tenté un trotting de selle-français, c’est un peu comme passer de la twingo au 4×4, ça ne démarre pas aussi vite…


Toujours se tenir à l’épaule ou à l’encolure de son cheval, si vous le dépassez il risque de ralentir.

Ensuite pour vous lancer sur le trotting, soyez actif, poussez le un peu avec vous mais attention, le coup de longe l’arrière doit être banni pour la simple et bonne raison que votre cheval se lance tordu et risque à force de rester de travers sur vos trottings. Aidez-vous de la voix, habituez-le comme en longe à partir sur un « trot » « trotté ». Pour démarrer l’apprentissage on peut s’aider d’un stick de dressage.

Le démarrage, la rectitude, cela se travaille à la maison bien en amont de l’épreuve, faites-le après chaque sortie pour habituer votre cheval, dans des endroits différents mais toujours sur une ligne droite et plate.

2. La rectitude

En bout de piste on ralentit, votre monture a des kilomètres dans les pattes, freiner brusquement devient inconfortable. Une ligne de trotting fait 30 mètres réglementairement. Prenez au moins trois mètres en bout de piste pour ralentir et réaliser un virage au pas LARGE. Votre cheval est à l’intérieur du cercle, vous à l’extérieur. En bref on tourne à droite et non à gauche. De la même manière prenez quelques mètres avant d’arriver vers le vétérinaire pour ralentir aussi et vous arrêter face à lui. Il faut chercher la fluidité des transitions d’allures.

En somme : on part droit au pas sur un ou deux mètres, on demande le trot sur la grande longueur, on ralentit trois mètres avant la fin pour réaliser un cercle au pas et surtout on attend un retour droit sur la ligne pour demander à nouveau le trot. Demander le trot alors que l’arrière-main de votre cheval est encore sur le cercle va provoquer un mauvais départ.

3. Le balancier

Tenir la longe tendue est aussi mauvais pour l’apprentissage que pour la pratique, vous pénalisez le balancier naturel de la tête du cheval et empêchez le vétérinaire de juger mais également vous faites subir à votre cheval les secousses de votre propre corps ce qui peut laisser croire à une irrégularité.

Je te vois venir le pas content « comment on peut garder l’impulsion si on ne peut pas tenir la tête ? »

Effectivement, il vous faudra lâcher la tête, mais pas complètement, le mieux est de garder la paume de main collée à la longe pour induire la rectitude. Si vous lâchez complètement un poney ou un jeune cheval qui n’a pas l’habitude du trotting, vous allez vous retrouver bien souvent avec la tête de ce dernier dans votre champ de vision, ou qui regarde le pote de droite mais ne se concentre pas sur sa ligne. Il faut garder une approche discrète à la longe pour tempérer les défauts de rectitude. Souvent je garde la main bien ouverte derrière ma longe pour que le vétérinaire puisse voir que je ne tiens pas la tête.

<= Attention à la longe tendue, trop loin et à la fixité. Garder une main souple sur votre longe pour éviter les coups

4. Déceler l’irrégularité

Quand vous trottez votre cheval vous ne pouvez pas en même temps regarder ses membres ou sa croupe, j’ai une astuce pour savoir si mon cheval boite. Je regarde entre les oreilles, l’encolure doit normalement rester fixe, la tête fait le balancier. Si je vois les oreilles s’abaisser anormalement et avec la connaissance de leur mouvement naturel j’arrive à présent à savoir. Si l’encolure s’abaisse fortement il est possible que la boiterie vienne des postérieurs car le cheval soulage tout le diagonal. Il faut s’entraîner à la maison pour apprendre à connaitre le déplacement de son cheval et maîtriser les « déviations ».