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Surveiller l’état de santé de son cheval après une épreuve d’endurance

Surveiller l’état de santé de son cheval après une épreuve d’endurance

Après ton épreuve d’endurance, tu embarques kiki dans le van et le rend à son pré, mais : il y a des éléments à surveiller pour sa bonne santé. Ton cheval et toi, avez fourni un effort important, ne rêve pas, tu auras des courbatures, lui aussi. 

Petit disclaimer : ce que j’écris ici sont des suggestions, des observations et demandent évidemment du recul de ta part, par rapport à ta connaissance de ton cheval et ses habitudes, il n’y a rien d’automatique ni d’obligatoire. Non, on ne met pas systématiquement kiki au placard avec double polaire étanche sous prétexte qu’il fait froid, on regarde d’abord comment kiki se comporte.

1/ Quelques soins

Après vingt, soixante ou cent-soixante kilomètres, peu importe la distance, le cavalier a un certain protocole de soins à faire pour la récupération et l’élimination des toxines. Ça évolue toujours, il n’y a pas de méthode unique, on s’adapte, on change avec l’expérience, on devient plus alerte et exigent :

De grain, tu ne donneras pas : après l’épreuve, le corps doit éliminer l’acide lactique produit par l’effort et non accumuler de l’énergie. Après la course c’est foin et eau à volonté.

Le trajet tu anticiperas : pense à proposer à boire avant le trajet. S’il fait chaud, arrose ton cheval avant de monter dans le van, il sera ainsi plus au frais. S’il fait froid, rien ne sert de fermer toutes les fenêtres tu van, il fait chaud à l’intérieur et si l’air ne circule pas ton cheval risque de transpirer alors qu’il a déjà fourni un effort.

Les papattes tu soigneras : il existe quelques produits ou onguents que tu peux appliquer après l’effort pour favoriser la récupération. Premièrement, n’oublie pas de sécher les membres une fois le contrôle vétérinaire passé, en particulier au niveau des paturons pour éviter les crevasse.

  • L’argile : à appliquer sur tout le canon et autour des boulets, jusqu’aux jarrets si tu veux pour les postérieurs. L’argile est riche en minéraux et oligo éléments, elle soulage les articulations et permet l’élimination des toxines. Elle doit être humide pour être efficace et tu peux enrouler tes flanelles et bandes de repos autour pour conserver cette humidité un peu plus longtemps.

Tu peux aussi verser de l’argile en poudre dans le bac d’eau de ton cheval au quotidien au paddock, c’est un pansement gastrique naturel qui absorbe les gaz et protègera des ulcères. Quand l’argile flotte en surface, il faut la changer.

  • Le gel : il existe de nombreux gels décontractants. ils ont la particularité de faire un effet froid sur les membres, contiennent des plantes pour la plupart et aident à la circulation sanguine, soulagent les articulations et favorisent la cicatrisation, donc la diminution des courbatures.

Attention avec les gels contenant de l’arnica, le produit peut être considéré comme dopant, donc à n’appliquer qu’une fois rentrés chez vous avant remise au pré et pas directement après l’effort, ni avant ! Lire la description du produit avant utilisation.

Tu peux utiliser un gel de massage sur le dos du cheval, au niveau de la pose de la selle pour soulager du frottement et des pressions exercées pendant l’effort.

2/ La forme

Ton sens de l’observation, tu aiguiseras : Si ton cheval a boité, qu’il a maigri pendant l’effort ou que le vétérinaire a relevé une déshydratation, il y a une vigilance à opérer. Si en arrivant chez toi, ton cheval est toujours boiteux, il s’est peut-être cogné ou a une lésion plus importante que la fatigue de course. Si tu en as la possibilité, mets le en box ou en petit paddock pour la nuit avec beaucoup de foin et d’eau, afin qu’il récupère et surveille le lendemain. Si la boiterie persiste, nul besoin de te préconiser un appel au vétérinaire hein…tu le savais déjà.

Dépenser de l’énergie, ça refroidit : Si il fait froid ou qu’il pleut, garde en tête que ton cheval vient de fournir un effort en énergie important, il risque d’avoir plus froid, comme toi. Une couverture adaptée à la température ou à la pluie peut être nécessaire, surtout s’il a un peu maigri ( enfin sauf qu’il était obèse et a retrouvé la ligne, là ce n’est pas un amaigrissement alarmant). Quand je dis maigri, c’est que tu le vois se creuser des flancs et remonter beaucoup le ventre, il a probablement fourni un effort musculaire plus important soit en raison de la difficulté de la course ou par manque de préparation.

C’est là que je fais un rappel au disclaimer concernant les couvertures, si ton cheval a beaucoup de poil, une légère suffit sinon il va transpirer dessous #pasbon. Si il a un abri, ce n’est peut-être pas utile, du moment qu’il a suffisamment de foin pour renouveler son énergie. Si il est tondu en début de saison, oui la couverture d’extérieure sera surement nécessaire. C’est ton jugement, ta réflexion qui doit s’adapter aux paramètres.

voici un kiki de mars : tondu donc sous couverture au retour car l’hiver était toujours présent

Souvent, en rentrant à la maison, je fais trotter mon cheval, pour voir son état après une heure ou deux heures de transport. Quand ton cheval est bien entraîné et qu’il a bien vécu son effort, généralement il rentre au pré fringant, trottine, appelle les copains, s’en va au galop en disant “ciao l’humain”. Ne sois pas triste qu’il t’oublie à la seconde où il n’a plus de licol, c’est qu’il va bien. 

3/ Le transport long

Si vous avez plus de quatre heures, cinq heures de route et avez fait une grosse épreuve ( à partir de 80km), tu le sais déjà, repartir directement le soir à l’issue de la course d’endurance n’est pas forcément indiqué. Laisse une bonne heure de repos et de ravitaillement à kiki pendant que tu attends la remise des prix par exemple. Puis fais-le marcher avant le transport, n’oublie pas de t’arrêter faire boire s’il fait chaud.

« le repos c’est le repos que veux-tu »

4/ Ces interrogations

Je vais terminer cet article par un paragraphe d’information, j’ai eu quelques questions concernant les perfusions : a quoi ça sert, le cheval va-t-il bien? Je comprends que certains se posent des questions lorsqu’ils voient les chevaux aux boxes de soins après la course. Ne vous formalisez pas, vous n’avez pas toutes les clés en main pour connaitre l’état de santé et savoir pourquoi tel cheval est sous perf, rien ne sert de juger.

La perfusion intervient en cas de grosse fatigue ou déshydratation sur indication vétérinaire après le contrôle, c’est le cas majeur. Elle sert à réhydrater, éliminer les toxines.

Elle peut être administrée aussi à la demande du cavalier ou du chef d’équipe, après une épreuve sous forte chaleur ou avant un transport long. En effet, la perfusion dite « de confort » va aider le cheval à récupérer plus vite, surtout s’il y a un long voyage de retour. C’est pour cela que certains professionnels, dans les épreuves internationales, utilisent ce soin. Cela ne veut pas dire que le cheval ne va pas bien, c’est plutôt de la prévention lorsqu’il a fait très chaud, pour aider à hydrater ou pour le confort du voyage.

Ce n’est pas pour autant à utiliser à la légère ou à banaliser, un cheval qui se porte bien après une course c’est bien mieux qu’un cheval qui a besoin d’une perfusion. Un cheval qui récupère tout seul de son effort la nuit d’avant retour, c’est un indicateur de bon entrainement et de gestion de sa course. On ne part pas sur une étape en se disant « bon de toute façon on pourra perfuser » non, loin de là, elle intervient en fin d’épreuve lorsqu’on a un doute.

Gardez toujours à l’idée, qu’après votre épreuve vous pouvez demander conseil au vétérinaire qui juge votre contrôle final. Si tout va bien, il se contentera de vous dire “pensez à bien lui donner à manger et à boire”, s’il a relevé une fatigue métabolique, il vous donnera des indications. Si vous voyagez et avez un doute, signalez-le, il est là pour vous rassurer et vous donner des conseils.

Préparer sa première épreuve d’endurance

Préparer sa première épreuve d’endurance

Pas facile de s’y retrouver n’est-ce pas ? L’endurance n’est pas une discipline communément pratiquée en club, elle demande un entrainement assez spécifique et une logistique à faire pâlir ! Oui car le calcul des points ne se fait pas sur une chute de barre, mais sur une équation à trois variables : ((Vitesse moyenne x 2) – Vitesse mini de l’épreuve) x 100 / Fréquence cardiaque finale.

Si toi non plus tu n’arrives pas à calculer ça de tête depuis le haut de ton poney et ne dispose pas de calculette, lève la main ! C’est pourquoi aujourd’hui je t’aide à préparer ta première course d’endurance.

C’est une question revenue fréquemment lors du « Question Tag » Instagram de la semaine dernière, donc j’ai décidé d’en faire un article. Voilà @Huecocotte c’est pour toi 😉

Préparer son cheval

Le premier niveau d’épreuve en endurance est de 10km (Club A, Club Poney 4, Club 4), ces trois épreuves sont divisées par tailles de poneys/chevaux et un peu par âge du cavalier du coup. Oui les parents peuvent emmener leurs bouts de chou faire une 10km shetland, la Club A avec eux et c’est ça qui est génial !

Pour les plus de douze ans, on commence en général sur le niveau d’épreuve Club 3 et Club 2 : la 20km. En Club 3 la vitesse moyenne se situe entre 10 et 12km/h sur l’ensemble du parcours alors qu’en Club 2 elle est de 12 à 15km/h.

Pour préparer son cheval ou son poney, sache qu’un poney de club est tout à fait apte à faire une épreuve de 20km car il sort régulièrement, tous les jours ou presque et est au travail. Il a donc une musculature et du fond pour réaliser cette boucle.

Le fond : le lent et long. C’est le travail du cœur, de la respiration mais aussi de la sûreté des membres. En endurance comme en complet ou en attelage c’est ce qui fait la différence. Un cheval doit être bien préparé en fond pour avoir l’énergie nécessaire à la réalisation de l’intégralité du parcours sans fatigue inutile et une solidité des membres pour franchir et valider l’étape.

Avant de parler entrainement parlons seulement condition physique. Regarde les marathoniens et les cyclistes par rapport aux sprinteurs ou aux nageurs, ils n’ont pas la même musculature. Les athlètes de fond ont les muscles étirés (ou longs), secs c’est pareil pour les chevaux d’endurance. Une musculature trop volumineuse ou de l’embonpoint vont être handicapants pour lui. Il faut veiller à ce que ton cheval soit en forme (vous savez la sortie de l’hiver avec le gros poil et le gras qui tient chaud…pas bon du tout).

Il y a deux points importants dans l’entrainement de ton cheval pour débuter : l’entrainement spécifique endurance (le travail de fond et le souffle) et le dressage (musculation et assouplissement). Et oui, les cavaliers d’endurance passent par la carrière, virez-moi ces idées reçues.

Breeeef ! Passons.

Comme je le disais précédemment, un cheval ou un poney qui sort régulièrement, qui travaille est apte à faire 20km. Pour lui faciliter la tâche et pour vous entraîner également il est recommandé de faire au moins deux longues sorties entre deux et trois heures de pas actif dans la semaine qui précède votre compétition. Ce sera un plus pour le souffle et pour les membres. Garde dans l’idée que c’est un minimum et qu’au plus tu effectues de longues sorties dans le temps, au pas ou aux allures sur du bon terrain, au plus tu prépares les membres de ton cheval, il se renforce.

La veille et l’avant-veille évite le travail en carrière, ton cheval a besoin de s’étendre et d’être souple pour parcourir les kilomètres, inutile de faire une séance de musculation avant, inutile de le fatiguer, au contraire il doit avoir éliminé un maximum de toxines et être au meilleur de sa forme pour la course. Par contre une petite séance d’assouplissement, de stretching dans votre cours du mercredi pourquoi pas.

Tu sais c’est comme à l’école lorsqu’on te demande d’apprendre tes cours dans le temps, au fil des leçons et non la veille au soir pour l’examen du lendemain…Bon ton cerveau peut un peu le supporter, par contre l’examen de natation euh…non ça n’a jamais marché sans avoir fait les longueurs avant.


Course 5km poney à Emerlo en 2017 | photo : organisation

Si tu cherches des astuces, des renseignements n’hésites pas non plus à parcourir la littérature existante sur l’endurance. Il existe plusieurs livres dont je fais la liste à la fin de cet article.

Connaitre le déroulement d’une compétition

Le matin de ta compétition est assez intense jeune padawan, alors concentre-toi. En général lorsqu’on arrive pour la première fois sur un terrain de compétition d’endurance c’est « le soukkkk ». En effet, pas forcément de structure, souvent des champs, des terrains de football ou de rugby, il suffit d’un grand espace pour accueillir une course.


Course 5km poney à Emerlo en 2017 | photo : organisation

Ta première étape : l’accueil cavalier pour récupérer ton dossier (carte vétérinaire, dossard, roadbook). Prends le temps ensuite de faire marcher ton cheval et de le panser, qu’il se dégourdisse avant de te diriger vers le contrôle vétérinaire où un membre de l’équipe va examiner ton cheval : métabolisme et allures. D’ailleurs les allures tu es au point sur le trotting ? N’hésite pas à lire l’article Préparer son trotting !

Là tu es au top Watson, prêt pour le départ ! Demande conseils aux vétérinaires présents, pour le déroulé de la boucle, pour l’hydratation de ton cheval, ils sont là aussi pour ça et connaissent les conditions climatiques et le terrain.

Une fois ton cheval prêt et toi en selle, il n’y a plus qu’à partir vous amuser à deux ! Au départ, vous donnez votre carte vétérinaire au staff qui note l’heure de départ et vous la rend. Ne la perds pas ! Confie-là à une personne de confiance #MamanGroom 😊 On l’a tous fait une fois…de perdre la carte…ou de l’oublier dans une voiture, bref surveille ce carton.

Ta vitesse sur la boucle est limitée selon l’épreuve : 10 à 12km/h si tu es en club 3 et 12 à 15km/h si tu es en club 2. Pourquoi pas se trouver un groupe avec lequel partir si tu es seul(e), c’est très formateur. Toutefois ton cheval doit être sociable et maîtrisé, pas la peine d’aller mettre le bronx chez les autres. Place-toi en queue de peloton si besoin, souvent les cavaliers qui ont des jeunes chevaux ou les très jeunes cavaliers demandent à partir avec d’autres. C’est l’avantage de cette discipline aussi, c’est un vrai sport d’équipe !

Sur la Piste

Pars au trot pour les premières vingt minutes, c’est l’échauffement. Prends le temps de chauffer les muscles, ceux de ton cheval et les tiens aussi hein, ne pas s’oublier ou tu vas connaitre des courbatures insoupçonnables.

Si tu es à 12km/h tu parcourras les 20km en 1h40, à 15km/h en 1h20. La différence n’est pas énorme, vingt minutes. Adapte ta vitesse de croisière en fonction du terrain. Laisse ton cheval s’étendre et trotter ou galoper avec l’encolure étendue.

Championnat de France AS 2017

Contrairement à un travail en carrière ou en saut où ton cheval doit être rassemblé et concentrer son énergie dans sa force; en endurance il doit économiser ses efforts. Il a besoin de faire de grandes foulées lentes et non de petites foulées rebondies. Essaye toi-même, lors de ta préparation, de courir en petites foulées (en montées de genoux aussi, même combat) puis d’étendre ta foulée loin, d’aller chercher avec le talon devant sans pour autant modifier ton allure. Tu verras, tu as besoin de moins de souffle et seras moins fatigué musculairement à la fin.

Attention, pour autant tu dois contrôler l’allure car, entre toi et ton cheval, tu es seul(e)s à savoir combien il reste de kilomètres à parcourir. Un trot trop rapide raidit et peut entraîner des boiteries. Les terrains durs ne sont pas bons pour les membres, au pas dans les montées et les fortes descentes, pas la peine de faire des efforts inutiles.

Contrôle final

A l’issue de la boucle, tu as 30 minutes pour passer au contrôle vétérinaire final. Pendant ce temps il faut rafraîchir ton cheval, l’aider à récupérer et éliminer la transpiration. Fais-le boire en priorité, dans une eau à température ambiante. Arrose l’encolure, entre les cuisses, ce sont les endroits les plus chaud où se trouvent les grosses veines. Attention au dos et à la croupe, l’eau froide peut entraîner des crampes, pas besoin de mouiller. Tu peux passer l’éponge (au sens propre hein) sur la trace du tapis car ton cheval sera sûrement sale ou plein de transpiration.

Pense à alterner arrosage et passage du couteau de chaleur pour éliminer l’eau chaude et la transpiration, lorsqu’il a récupéré, tu peux faire marcher doucement ton cheval.

Tu dois passer en dessous des 64 pulsations cardiaques par minutes. Une fois ce chiffre atteint, tu peux marcher pour que ton cheval continue de récupérer tout en évitant les crampes, arrose-le de temps en temps pour refroidir à nouveau. C’est pendant ce laps de temps que tu vas chercher à avoir la fréquence la plus basse possible pour gagner des points. Evidemment il faut connaitre la fréquence cardiaque de ton cheval au repos, sa nature calme ou stressée. Si tu ne l’as jamais vu en-dessous de 45 pulsations cardiaques, ne vas pas chercher le 36…logiquement ça ne marchera pas, je ne veux pas faire de faux espoir mais bon…

Course 5km poney à Emerlo en 2017 | photo : organisation

Les poneys peuvent souvent atteindre des cardiaques très bas, 32,34. Enfin moi, ma première 20 kilomètres j’avais un stressé un peu fou et suis restée à 52. Les chevaux qui ont du sang arabe auront plus de chance de descendre bas.

Garde une marge pour le passage au contrôle, au cas où il y a du monde. A lui de jouer maintenant pour le cardiaque, à toi pour le trotting Rider !

Pareil, demande des conseils au vétérinaire pour les soins d’après course selon l’état de ton cheval, son hydratation et son transit. Tu peux prévoir d’amener de l’argile ou un soin de récupération des membres à lui appliquer sous les protection de transport ou avec des flanelles et bandes de repos. Pour le reste je te laisses voir avec ton/ta coach, tes habitudes et les habitudes alimentaires de ton cheval. Si ton cheval est au box la nuit, il faudra le sortir au petit matin toute la journée pour le laisser se dégourdir les pattes et récupérer physiquement.

J’espère que ce brief de démarrage t’as plu ! N’hésites pas à me le dire sur Instagram en commentaire du post dédié, parles-moi de ton expérience en corse également !

Avant qu’on ne se quitte, voici la liste des ouvrages !

Le trotting : le préparer, le maîtriser

Le trotting : le préparer, le maîtriser

Le trotting en endurance c’est un peu la figure imposée des carrés de dressage, l’oxer à la sortie du triple sur le parcours de saut d’obstacle, la réception pieds joints des voltigeurs…en somme, la clé de votre performance et de votre résultat en compétition. Ce n’est pas un simple aller-retour au trot pour montrer les allures souples de son cheval, non, c’est bien plus que ça et aujourd’hui cher rider je t’explique les clés d’un trotting réussi pour aller plus loin en compétition.

  1. l’apprentissage

Faire trotter son cheval en ligne ce n’est pas inné. Evidemment, à quel moment tout équidé bien constitué a-t-il envie de vous suivre en vous voyant tirer sur la longe et vous pavaner devant lui ? Il préférera tendre l’encolure au maximum tout en marchant et vous laissant vous fatiguer #CaSentLeVecu.

Ainsi, apprendre à un cheval à trotter en ligne droite, activement, sur commande, à vos côtés c’est une technique et les erreurs que l’on peut faire son nombreuses. Pour peu que ce soit un jour sans (soleil, motivation, chance, sandwich pour le véto…) vous risquez le doute voire l’élimination.

En course d’endurance il y a un trotting initial à faire, puis un à chaque étape pour passer à la boucle suivante et enfin le juge de paix : le contrôle final.

Un cheval bien préparé, en forme musculairement va en général rester constant dans ses trotting et permettre aux vétérinaires de bien juger une éventuelle boiterie. Il suffit d’une boucle plus dénivelée, d’un début de fatigue du à la chaleur ou à la vitesse, d’un cheval qui a froid ou parfois simplement d’un défaut pour que ce dernier ne trotte pas droit, pas de manière très souple ou élancée et le jugement devient difficile. Il faut donc bien connaitre son cheval, ses allures initiales et surtout s’entraîner pour faire des trottings les plus irréprochables possibles et ainsi être capable soit même de voir s son cheval boitte.

Les erreurs du débutant :

tentative de croquis sur tablette numérique…mouai…
  • regarder son cheval
  • tirer jusqu’en bout de longe
  • tourner à l’intérieur en bout de piste
  • donner un coup de longe vers les flancs
  • ne pas ralentir droit avant le virage
  • ne pas partir droit

Une fois que vous avez banni ces mauvaises habitudes tout va mieux. Premièrement lorsqu’on lance son cheval au trot on a tendance à le regarder pour voir s’il a démarré ou alors à tirer pour lui demander très explicitement de nous suivre, mais rares sont les mules qui répondent à l’appel n’est-ce pas ?

>> Le préparer à la maison. Faites un aller-retour au pas actif pour donner un tracé et mettre votre cheval à l’écoute, surtout pour un jeune cheval ou chez ces froids de selle-français. Promis j’ai tenté un trotting de selle-français, c’est un peu comme passer de la twingo au 4×4, ça ne démarre pas aussi vite…


Toujours se tenir à l’épaule ou à l’encolure de son cheval, si vous le dépassez il risque de ralentir.

Ensuite pour vous lancer sur le trotting, soyez actif, poussez le un peu avec vous mais attention, le coup de longe l’arrière doit être banni pour la simple et bonne raison que votre cheval se lance tordu et risque à force de rester de travers sur vos trottings. Aidez-vous de la voix, habituez-le comme en longe à partir sur un « trot » « trotté ». Pour démarrer l’apprentissage on peut s’aider d’un stick de dressage.

Le démarrage, la rectitude, cela se travaille à la maison bien en amont de l’épreuve, faites-le après chaque sortie pour habituer votre cheval, dans des endroits différents mais toujours sur une ligne droite et plate.

2. La rectitude

En bout de piste on ralentit, votre monture a des kilomètres dans les pattes, freiner brusquement devient inconfortable. Une ligne de trotting fait 30 mètres réglementairement. Prenez au moins trois mètres en bout de piste pour ralentir et réaliser un virage au pas LARGE. Votre cheval est à l’intérieur du cercle, vous à l’extérieur. En bref on tourne à droite et non à gauche. De la même manière prenez quelques mètres avant d’arriver vers le vétérinaire pour ralentir aussi et vous arrêter face à lui. Il faut chercher la fluidité des transitions d’allures.

En somme : on part droit au pas sur un ou deux mètres, on demande le trot sur la grande longueur, on ralentit trois mètres avant la fin pour réaliser un cercle au pas et surtout on attend un retour droit sur la ligne pour demander à nouveau le trot. Demander le trot alors que l’arrière-main de votre cheval est encore sur le cercle va provoquer un mauvais départ.

3. Le balancier

Tenir la longe tendue est aussi mauvais pour l’apprentissage que pour la pratique, vous pénalisez le balancier naturel de la tête du cheval et empêchez le vétérinaire de juger mais également vous faites subir à votre cheval les secousses de votre propre corps ce qui peut laisser croire à une irrégularité.

Je te vois venir le pas content « comment on peut garder l’impulsion si on ne peut pas tenir la tête ? »

Effectivement, il vous faudra lâcher la tête, mais pas complètement, le mieux est de garder la paume de main collée à la longe pour induire la rectitude. Si vous lâchez complètement un poney ou un jeune cheval qui n’a pas l’habitude du trotting, vous allez vous retrouver bien souvent avec la tête de ce dernier dans votre champ de vision, ou qui regarde le pote de droite mais ne se concentre pas sur sa ligne. Il faut garder une approche discrète à la longe pour tempérer les défauts de rectitude. Souvent je garde la main bien ouverte derrière ma longe pour que le vétérinaire puisse voir que je ne tiens pas la tête.

<= Attention à la longe tendue, trop loin et à la fixité. Garder une main souple sur votre longe pour éviter les coups

4. Déceler l’irrégularité

Quand vous trottez votre cheval vous ne pouvez pas en même temps regarder ses membres ou sa croupe, j’ai une astuce pour savoir si mon cheval boite. Je regarde entre les oreilles, l’encolure doit normalement rester fixe, la tête fait le balancier. Si je vois les oreilles s’abaisser anormalement et avec la connaissance de leur mouvement naturel j’arrive à présent à savoir. Si l’encolure s’abaisse fortement il est possible que la boiterie vienne des postérieurs car le cheval soulage tout le diagonal. Il faut s’entraîner à la maison pour apprendre à connaitre le déplacement de son cheval et maîtriser les « déviations ».