#4 La News : nouveau règlement et menace sur Vérone

#4 La News : nouveau règlement et menace sur Vérone

Nouvelle news ! Votre rendez-vous, des actus du mois, de résultats sportifs. un petit condensé à lire en rentrant chez soi.

Le règlement d’endurance équestre 2023

La commission endurance de la fédération française d’équitation a publié les mises à jour du règlement de la discipline. Quelques changements d’intitulés d’épreuve à l’horizon et une modification des parcours. En effet, la course club élite 40 km devient Club 1. Suite à la mesure des statistiques d’engagements, l’épreuve Club 1 de 40 km limitée à 10-12 km/h ne rencontrait pas un franc succès. Afin d’harmoniser les catégories d’épreuves club et surtout les catégories de championnat, la club élite GP de 60 km devient la club élite et la club élite devient club 1.

Le retour de la 80 km VL ! Force est de constater que les vrais amateurs de la discipline ont boudé l’apparition des épreuves de 100 km. En trois boucles avec des étapes de 40 km ou en 4 boucles, l’amateur 1 Grand Prix n’a pas rencontré le succès attendu par la fédération. L’ancienne épreuve 80 km vitesse libre fait son grand retour.

Ce que cela change ou pas :

  • Accès 100 km (amateur 1GP ou CEI*) = 2* 80 km (en dessous de 16 km/h pour accéder à la CEI*)
  • Accès 120 km (Amateur Elite ou CEI**) = 2*100 km. Pour l’épreuve en 2 jours, c’est toujours 1*100 km.

Ce que ça apporte en terme de circuit

Une compétition vitesse libre plus accessible pour l’amateur qui ne souhaite pas monter sur de grosses distances.

La possibilité d’avoir un championnat de France sur l’épreuve de 100 km qui soit plus challengeant : en gros, l’épreuve graal du circuit amateur, là où une épreuve de 80 km VL risquerait d’engendrer des vitesses impressionnantes et des risques. Le championnat amateur 1GP se gagne déjà à une moyenne de 19 km/h, il serait peut-être contre productif de réduire les kilomètres.

Du côté organisateur :

« Il est interdit, pour des questions de sécurité, d’organiser des épreuves de 60km et moins le même jour que des épreuves de 120km et plus. »

Certains parlent de favoritisme envers les pros pour leur donner un jour à eux, mais voyons plutôt de l’autre côté du miroir. Organiser des épreuves club avec des poneys, des chevaux et des cavaliers débutant dans la discipline qui arriveraient au contrôle vétérinaire… et se feraient mettre sur le côté pour laisser passer les contrôles intermédiaires de la 120… super.

La séparation des épreuves, malgré les fortes contraintes supplémentaires que cela engendre pour les organisateurs à devoir faire des concours sur deux jours, est là pour favoriser un meilleur accueil et accès des compétiteurs club et amateur en endurance.

On le rappelle : grâce aux statistiques mesurées lors des journées d’endurance à Lamotte-Beuvron en 2019, ces épreuves sont neutres ou positifs au budget, car elles n’engendrent pas des charges conséquentes, contrairement à l’organisation d’une CEI. Les engagements sont normalement des entrées suffisantes pour couvrir les frais, là où un concours international avec la mobilisation des juges et vétérinaires FEI nécessite des subventions et sponsors supplémentaires.

Monpazier : l’Espagne réalise presque un carton plein

143 couples français engagés. Victoire pour Julia Montagne sur la CEI***, Maria Alvarez Ponton : reine des entrées en solo sur l’hippodrome. Les résultats des épreuves de Monpazier sont disponibles dans l’article précédent : https://roadbookendurance.com/concours-international-de-monpazier-carton-presque-plein-pour-lespagne/

Menace sur Vérone

Ce mail est arrivé lundi soir dans les boites des fédérations nationales et cavaliers d’endurance qualifiés pour les mondiaux. Le championnat du monde d’endurance senior prévu à Vérone du 19 au 23 octobre est menacé.

Surprise totale pour les cavaliers dont les vols et accommodations sont déjà réservés et les frais conséquents non remboursables.

La remise en cause du championnat serait dû à un manquement dans la préparation de la piste suivant les recommandations de le FEI pour ce type d’événement.

lettre FEI championnat du monde de vérone

La FEI a adressé une lettre de mise en demeure au comité d’organisation du FEI Championnat mondial d’endurance 2022 de Vérone(ITA) qui se tiendra du 19 au 23 octobre.
L’avis de résiliation reflète les graves préoccupations de la FEI concernant la planification et la préparation du championnat et en particulier l’état de préparation de la piste. Il est conforme au droit de la FEI à révoquer l’organisation conformément à l’article 23b du Host agreement.
Selon l’accord, l’organisateur a jusqu’au 5 septembre pour remédier à la situation.[…]
Nous comprenons que les fédérations nationales préparent des voyages et des calendriers d’entrainement, et même si le résultat final de ce processus n’est pas encore connu, nous croyons qu’il est important que toutes les fédérations nationales soient au courant de la situation actuelle.

Sur la base des commentaires et des réponses reçues, le conseil de FEI évaluera la situation lors de sa téléconférence du conseil le 8 septembre et décidera si le championnat à Vérone peut aller de l’avant ou non, à ce moment, la fei informera toutes les fédérations nationales des décisions du conseil d’administration et de toute autre information pertinente.

Affaire à suivre…

♞ Prochaine news : Florac, les chevaux d’âge : toujours en piste et autres résultats ♞

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Concours international de Monpazier : carton presque plein pour l’Espagne.

Concours international de Monpazier : carton presque plein pour l’Espagne.

Ils viennent chaque année en force sur l’hippodrome de Marsalès pour disputer les épreuves internationales. Sur les six programmées de cette édition 2022, les cavaliers espagnols ont conquis 4 victoires et sept places sur les podiums. Les Français ne se sont pas laissé mener pour autant : retour sur le weekend de compétition.

CEI*** 160 km : de sorites en sorties

Les vingt-quatre concurrents engagés sur la CEI*** et les 5 concurrents de l’amateur élite Grand Prix ont pris le départ à 5h30 sur l’hippodrome de Marsalès. Menés dès la première étape par un groupe de tête composé de Edmée Merlin et Baj de l’Angélique, l’Espagnol Alex Luque Moral et Trevol (gagnants de la CEI** de Négrepelisse en juillet dernier), Sabrina Arnold associée à Champion de Venelles, Julien Lafaure et Cheba Cabirat et le cavalier bahrani Mohd Abdulhamid Alhashemi sur Darco de la Majorie et Julia Montagne avec LG Farasia de Shebab, la première étape de 40km se court à presque 19km/h de moyenne.

À l’issue de la 3° boucle, la compétition prend une tournure des plus inattendues. Quatre éliminations consécutives dans le contrôle vétérinaire. Trevol ey Shakira AA (la jument de Pablo Jose Lopez Sanchez) ne repartiront pas. Annie Marchand et Alaska de Rivoiron (groupe France) non plus et la quatrième étape devient encore plus surprenante ! Le retrait de Champion de Vennelles, Baj de l’Angélique, Chaitana des Chaises monté par la hollandaise Marijke Visser et du cavalier bahrani pour un problème de poids, entraine un écart conséquent entre ce qu’il reste du groupe de tête et les poursuivants.

Julia Montagne repart seule en tête avec plus de 9 minutes d’avance sur la portugaise Lenor Maria Moreira Alves et Chelem de Crouz qui elle-même devance Clémentine Chaud et Ermine Dartagnan d’une demi-heure.

La numéro 1 mondial conservera jusqu’au bout son avance et franchira seule la ligne d’arrivée au galop, réalisant une moyenne de course de 19,1km/h. Lenor Maria (6° mondial) et Chelem sont 2°. La cavalière espagnole Christina Yebra Altimiras est 3° avec Maver Larissa à l’isse du sprint contre Clémentine Chaud et Ermine Dartagnan.

Sur l’amateur élite Grand Prix c’est Camille Magnan qui l’emporte avec Kheops à une moyenne de 17,1km/ devant Melina Aquilue et Disha de Suleiman.

Camille Magnan x Kheops, Monpazier 2022. Credit : collection privée

Les épreuves internationales du weekend

Sur la CEI** 2x70km, Karine Ferral et Stephane Chazel auront mené la course en duo sur les deux jours. Associés respectivement à Sun Bestway et Joy Way Al Maury, ils auraient franchi la ligne d’arrivée ensemble si le règlement le leur avait permis. C’est avec entente que le président de l’ACA laisse passer sa coéquipière devant lui. Fantine Llorca prend la 3° place associée à Zharade. Le couple prenait la 3° place de la CEI** de Florac en 2020 et la 6° en 2021.

Karine Ferral et stephane Chazel Monpazier 2022

« La FEI et la FFE nous parlent du bien-être animal. On a fait toute la course ensemble en se donnant des relais et préservant nos chevaux, mais on a été obligé de se départager sur la ligne, car le règlement nous l’impose. Risquer la santé physique et métabolique des chevaux pour 100 mètres de sprint va à l’encontre de ce principe de bien-être animal préconisé. » confit Stéphane Chazel au micro d’Hervé Guesdon (propos rapportés).

crédit photo : Margot Chazel

Sur la CEI** : encore un sacre pour Maria Alvarez Ponton ( N°3 mondial) en selle sur Dakar de Bonance avec une moyenne de 20,7km/h. Là aussi, la deuxième et troisième étapes auront redistribué les cartes. 7 sorties sur la boucle 2, 6 sur la 3° et également 7 éliminations sur l’arrivée finale, cette édition de Monpazier n’aura pas souri à de nombreux cavalier.es côté français comme espagnol.

Pilar Corton Muinelo est la deuxième amazone à franchir la ligne d’arrivée avec Sarab d’Abalume, quinze minutes après Maria. Julien Lafaure et Bedouin Cabirat prennent la 3ᵉ place à l’issue du sprint avec la cavalière espagnole.

Sur les épreuves CEI* de 100 km, le podium est complet pour l’Espagne sur l’épreuve réservée aux chevaux de 7ans. Ariane Isasi Salterain prend la première place avec Hazarine AA, Julia Serrabassa Batalla et zafeer KA sont 2°, Santiago Garcia Suarez et Al Ma Able sont 3°.Première française, May Manifacier et Flash de Tanues sont 4°.

Pour le TOP7, c’est May Manifacier et Flash de Tanued qui l’emportent. Julia Montagne et Dorkkan de Fignoles sont 2°, Manon Capitaine et Flambeur Feuillée sont 3°.

Sur la CEI*, encore une victoire espagnole avec Carlos Pachero Perez associé à Ella de Fontaines, Achille Donnais et Avalon Just iziaa sont 2°, Emma Sole Macia et Mississipi EA complètent le podium.

Du côté des amateurs

Sur l’épreuve amateur élite 2*70 km, Jean-Paul Darque s’impose avec Waurane de Lis à une moyenne de 16.5km/h. Il devance Charlène Counord et Baila du Limon ainsi que Juliane Chassagneux et sa fidèle Urbanne Jiem ( couple 5° de l’épreuve Amateur Elite GP, édition 2021 des deux jours de Montcuq).

Sur l’épreuve amateur 1, Marine Mousseau l’emporte avec Basma Petit Carre avec une moyenne de course de 15.8km/h et une récupération finale de 51 pulsations/minute. en deuxième position, Stephanie Cadet et Aub Risk à 52pl/m pour 16km/h de moyenne. Chloé Cyuela Schwartz et Ghassan de Montamel prennet la 3° position avec un cardiaque final de 52 et une moyenne de 15.8km/h.

Sur l’amateur 1GP de 100km, Emmanuelle Kerboul Philibert gagne avec Cacimba de Lauzadie à une moyenne de 19km/h, après avoir mené la course toute la journée. Elle devance Stéphanie Moutet et Belharra Bint Antinea et Estelle Morel associée à Fahima de Flauzins.

Enfin, sur l’amateur Elite 120 km, Laurence Cornichet et Dilshad d’Hazel s’imposent après leur 4ᵉ place sur la même épreuve à Julianges en juillet dernier. On retrouve à la deuxième position Emmanuelle Kerboul Philibert associée cette fois à Douentza de Lauzadie.La troisième position revient à caroline Benard et Demir.

Justine Tardy : Championne de France amateur 1 Grand Prix

Justine Tardy : Championne de France amateur 1 Grand Prix

Cette année, l’épreuve de 100 km de Monpazier, support du Championnat de France amateur 1 Grand Prix, d’une CEI* et de la CEN* a donné son lot de suspens et de retournements ! Dans le groupe de tête qui s’est détaché dès le début, des cavaliers étrangers et français sur les trois épreuves se sont donnés le relais. Les cavaliers Élite FEI (10 classements sur CEI***) et les étrangers étant exclus du master de France, il a fallu à Justine Tardy bien de la concentration et de la gestion pour connaitre ses adversaires et glaner la médaille d’or. C’est à l’issue d’un sprint à trois qu’Emma Sole Macia associée à Karim 75 a remporté la victoire sur la CEI* pour l’Espagne, tandis que Justine et Ainhoa Haniss prenaient la première place de l’épreuve CEN* et la médaille d’or du master. La troisième amazone, Romane Fallery avec Bagatel du Fonpeyrol prend la 2ᵉ place de la CEI* et la médaille d’argent du master.

Roadbook endurance est allée (virtuellement) à la rencontre de Justine, l’inattendue, pour connaitre son parcours.

RBE : Justine, parle nous de ta rencontre avec Haniss (Nini pour les intimes).

Justine : C’est à l’issue d’un accord entre Jean-Marc Valério et Pascaline Lepoutre du haras de la Cure qu’est née Haniss (par Haniknoa, ar et Soliuskoa, ar). Pour moi, c’est une histoire particulière. C’est la première jument que j’ai vu naître, je n’avais jamais pu assister à une naissance en direct. En rigolant, j’ai demandé à Pascaline d’être sa marraine. J’ai eu le coup de cœur et à ses six mois, je l’ai réservée. J’ai pu l’acheter à ses trois ans, mon premier cheval. J’ai fait le débourrage, le travail, toute seule avec l’objectif de l’emmener en endurance, mais surtout de la voir évoluer en loisir à mes côtés. On a appris ensemble sur le circuit SHF jusqu’à la finale des chevaux de 6 ans à Uzès, sur 80 km.

RBE : L’endurance n’est donc pas ton métier, c’est ton loisir et on peut voir sur les résultats FFE que tu tournes également en amateur en saut, comment organises-tu ce quotidien ?

Justine : Je suis assistante vétérinaire à plein temps et grâce à mes patrons, qui sont adorables, j’ai un emploi du temps particulier. Je travaille le matin et en fin de journée. Cela me laisse tous les après-midi pour monter à cheval et entrainer. Dans l’écurie où est Haniss, je gère son quotidien de A à Z ne louant que la place en box et en paddock. Je m’occupe de la nourrir, des soins et de l’entretien de son espace. c’est d’ailleurs la seule jument d’endurance. J’ai une copine qui me coach en saut d’obstacle et m’aide à m’entrainer avec mon second cheval Hocus Pocus by Wisbecq, né en Belgique chez Gaëtan Decroix. Pour l’endurance, je gère toute seule et je peux profiter d’une piste de galop aux écuries ainsi que des chemins. En revanche, pour préparer Monpazier, j’ai eu de l’aide et je remercie Philippine, une jeune cavalière de l’écurie qui a sorti Haniss quand je ne pouvais pas et mon ostéopathe Emeline Lacour qui m’a aidé à organiser le planning d’entrainement.

RBE : Comment as-tu construit tes objectifs de course depuis l’entrée sur le circuit amateur ?

Justine : En 2018 je voulais qualifier sur CEI*. C’était un challenge et ça restait accessible pour moi en terme d’entrainement, mais aussi de budget. Et puis, c’est classe quand même de qualifier sur « une étoile internationale ». À Lignières, nous validons la première 80 km (amateur 1) et sur ma 2ᵉ 80 km (amateur 1 GP), je coure à Ollières et fini 3ᵉ. Au dernier contrôle vétérinaire, je ressens des douleurs à la jambe, on rigole des bleus que j’ai et qui semblent sortis de nulle part. Cependant, 8h plus tard j’étais aux urgences pour un syndrome des loges, j’ai failli ma perdre ma jambe. J’ai pu remonter à cheval trois mois plus tard et suis sortie en SO et j’ai attendu novembre pour tenter cette fameuse CEI* qui était l’objectif de l’année. C’était à Ponchateau, on termine 10ème !

L’année d’après, on ressort à Costaros sur une amateur 1GP où on termine 2ᵉ en prévision de Monpazier pour le championnat de France. Sur ce fameux master, on sort pour boiterie sur l’avant-dernière boucle de la 80, désillusion, mais c’est le jeu, le sport. 

2020 arrive avec la covid et la limitation des concours. J’ai voulu qualifier sur 100 km, en quatre boucles (changement de règlement) dans la région, éviter les frais et maintenir Haniss en forme sur cette année presque vide, nous donner un objectif, qui était supérieur à ceux franchis jusqu’alors. Pareil on se fait éliminer avant la dernière boucle, là il faisait froid et il pleuvait, les conditions n’étaient vraiment pas top.

Arrive 2021 et nous étions sur des éliminations, j’avais de grosses hésitations sur la saison à faire. Retenter la qualification sur 100, en amateur ou en CEI. Je cherchais des courses, mais le budget était trop serré pour aller loin ou faire une CEI*. C’est alors que mon père m’a demandé si les championnats de France amateur avaient lieu cette année. Lorsque nous avons eu la certitude que Monpazier serait organisé, il m’a dit « je t’offre toute ta participation aux championnats ». J’étais tellement excitée, j’avais trouvé mon objectif. On a préparé la jument sur deux mois, fait le planning pour être prêts au maximum. Je savais que cette épreuve se courrait vite, j’étais partie pour faire une place. Quatre jours avant de partir, Haniss déferre, se plante le pinçon dans la sole, j’étais en larmes au téléphone avec mon maréchal, on a failli rester aux écuries et voir tous nos efforts annulés. Mais Haniss s’est vite remise. Quand je repense à cette course, c’était de la folie !

RBE : Comment est Haniss en course ?

Justine : Difficile à gérer, elle chauffe rapidement en présence des autres chevaux et n’est absolument pas aimable. Elle peut taper. En revanche elle a un super mental ! Donc je devais partir seule et devant pour éviter toute nervosité (ou problème). Nous l’avons préparé pour ça. Partant devant, il fallait assurer de tenir ce rythme jusqu’au bout. J’avais tout fait pour pouvoir disputer ce championnat, il fallait que cette stratégie fonctionne.

J’ai eu aussi de la chance, car le groupe de tête était bien. Nous avions un groupe de chevaux homogène, une gestion de course facile entre nous tous, une bonne communication. On ralentissait tous ensemble dans les mauvais terrains, il n’y avait pas de sortie ou d’erreur de train. Du coup ça nous a beaucoup aidé. Au début, je suis resté en fin ou milieu de groupe pour ne pas énerver la jument, elle a fini par se caler avec les chevaux et c’était un régal.

RBE : Au départ de la dernière étape, comment t’es-tu sentie ?


Justine : J’étais trois minutes derrière les premiers de la CEI, j’ai rattrapé des concurrents petit à petit des différentes épreuves. Haniss ne s’énervait pas quand on avait en vue des dossards bleus ou blancs. J’ai doublé Mathieu Lebourlot de l’épreuve 2x70km assez tranquillement. C’est lorsque nous sommes remontés sur le groupe de tête, celui avec lequel j’avais fait route depuis le début, qu’elle est devenue guerrière. N’étant plus que trois dossards jaunes, nous avons pris des relais, j’ai pu passer plus devant qu’aux étapes précédentes, Haniss était royale. Je me trouvais avec la cavalière espagnole et Romane (qui était ma principale adversaire à venir ^^).
À la base, je ne voulais pas sprinter. Je n’étais pas sur la CEI et je m’assurai déjà un podium sur le championnat. Du coup, j’ai demandé aux filles ce qu’elles voulaient faire dans le dernier kilomètre avant l’hippodrome. Elles voulaient sprinter alors je leur ai dit qu’à l’entrée elles passeraient devant. La concurrente espagnole a lancé le sprint très tôt et Haniss m’a pris la main avant que je n’aie pu décider pour nous. Alors finalement on y est allées ! 

RBE : Quel est le programme maintenant ?
Justine : Haniss part en vacances deux mois, on a terminé la saison. 2022, on verra ce que l’avenir et le temps nous réservent. N’ayant pas d’objectif de valorisation ou de vente, je souhaite rester sur le circuit amateur. Le format 2×70 km me tente bien, la jument est souvent fraiche les lendemains de course, ça pourrait lui convenir pour une première Amateur Élite.


RBE : Un mot pour terminer ? Une anecdote ?

Justine : Je me rappelle Claude Place, que j’admire vraiment, lors de ma CEI* à Ponchâteau. À l’abord de l’hippodrome, je lui propose le sprint ou finir ensemble et il m’a répondu « va devant, tu le mérites, un jour ta jument fera de toi une championne de France ». Je ne sais pas s’il est devin, s’il a un don pour déceler le potentiel des chevaux ou s’il m’a simplement donné le meilleur encouragement du monde, mais merci Claude pour ces paroles.

L’équipe d’assistance de Justine Tardy, le lendemain de l’épreuve à Monpazier

Les résultats du master : Ici