Au cœur d’un élevage : les écuries de Fontanelle

Au cœur d’un élevage : les écuries de Fontanelle

La période actuelle n’est pas vraiment propice à parler résultats de compétitions. C’est toutefois l’heure des premières naissances et aussi le choix des étalons pour ceux qui souhaitent vivre l’aventure poulain. Nous sommes allés à la rencontre de Sophie et son élevage familial grâce à sa participation au concours photo élevage lors de la grande semaine d’Uzès. L’occasion de varier notre rubrique les Z-interviews en s’intéressant à l’élevage de chevaux d’endurance équestre.

de gauche à droite : Enfin, Sirocco du Camard (26 ans), deux fils d'Enfin et Zarda :)
Collection privée
de gauche à droite : Zarda de Fontanelle, Sirocco du Camard (qui fête en 2021 ses 32ans), deux fils d’Enfin : Warden et Quahien de Fontanelle 🙂

RBE : Sophie, je crois me souvenir grâce aux résultats en championnat de France jeunes cavaliers, que tu es tombée dans l’endurance quand tu étais petite. Peux-tu nous raconter ton parcours dans la discipline?

Sophie : Je découvre l’endurance en 1991 à 14 ans avec ma première jument Ulla, et l’année suivante elle me permet de classer ma première 120km. Quelques années plus tard en 1996, je remporte le titre de championne de France jeunes cavaliers avec Sirocco du Camard ( fils de Horr et de Aischa, par Dahman) que j’ai acheté deux ans plus tôt. Nous décrochons une seconde place à Rambouillet en 1997. Avec Ulla, nous terminons la 160km de Florac en 2000 et Montcuq en 2001. Ces deux chevaux m’ont apporté de belles expériences et performances.

Fin 2003, après une douzaine d’années de pratique intense, je décroche de cette discipline dans laquelle je ne me reconnais plus. Mais en 2006, alors enceinte de mon fils Angel, l’envie de reprendre me vient, dans un concept familial allié d’une volonté de challenge personnel plus que de compétition avec les autres. Mon leitmotiv est « tenir la distance », la performance instantanée ne m’intéresse guère si elle est faite au détriment de la durée de carrière.

RBE : Est-ce ainsi que tu t’es lancée dans l’élevage ?

Sophie : J’avais des juments sur le circuit de compétition et je m’intéressai à la reproduction, nous faisions quelques poulains. Je cherchai un étalon à marier à ma jument Zarda classée en CEI**, une fille d’Ismael d’Aubanel et de notre jument Golden cross El Qahirah, lorsqu’en 2010 je croise la route d’Aïnhoa Enfin, cheval arabe entier : Solide, franc, proche de l’homme et beau. Il incarne tout ce que je cherche pour l’étalon à marier avec mes juments et surtout à elle. C’est le coup de cœur. Le hasard me permettra d’en faire l’acquisition avec le projet de le mettre à la reproduction. Aïnhoa Enfin bousculera tous mes préjugés entendus sur les chevaux entiers : pilier de notre écurie, il partage son paddock avec ses fils ou nos hongres, et peut sans souci être transporté avec les juments ! 

Sophie et Ainhoa Enfin, Florac 2015 - Mont Aigoual
Sophie et Ainhoa Enfin, Florac 2015 – Mont Aigoual. Crédit : collection privée

Très rapidement le désir de finir de le valoriser avec la 160km de Florac en objectif ultime, ce qu’il atteindra en 2015, après 6 courses classées de 2 et 3 étoiles et 3000km validés. C’est pour lui, que je deviens Chef de Centre d’Insémination, après mon diplôme d’ingénieur agronome.

Les premiers produits de Enfin sont Warden, avec qui j’ai pris du retard suite à sa convalescence (Lyme) et Shuriken de Brion (exporté EAU). Son fils Qahien (mère El Qahirah) prend sept ans cette année (2021) et va poursuivre ses qualifications chez nous. Nous avons hâte de voir certains de ses produits sur la piste notamment First de Cordelle à Pascale Piazzalunga, et Innamo du Clozet à Alizée Dewerdt.

RBE : Qui sont les futurs cavaliers de tes poulains ou les propriétaires, éleveurs à la recherche de Enfin ?

Sophie : Nous sommes double actifs et nous avons donc la chance de pouvoir faire des choix. Jusqu’à 2020, nous ne vendions que des saillies, puis nous avons proposé deux de nos trois foals 2020 à la vente au sevrage, l’une est vendue et l’autre réservée. Le petit mâle, Neyiseh de Fontanelle, fils d’Ultimatum Mirbel et de Cheriden Fontanelle (par Ainhoa Enfin), reste à l’élevage.

Pour ce qui concerne les conseils à la clientèle, nous préférons ne pas proposer Enfin si nous pensons que le mariage ne convient pas. De plus, sa carrière davantage en durée qu’en performance « one shot » fait que la clientèle se sélectionne d’elle même. Notre clientèle est proche de nos valeurs, à la recherche d’un compagnon capable de tout (cheval de famille, aussi bien capable de partager tous les moments de la vie de la maison, que d’emmener son cavalier jusqu’au sommet de l’Aigoual), ou bien parfois, tout simplement à la recherche d’un étalon solide, au métabolisme exceptionnel, capable de poser le mental sur des juments trop compliquées…

Notre souhait est de voir les produits de Enfin valorisés dans une endurance éthique avant tout.

Enfin à gauche (22 ans) et deux de ses fils Qahien de Fontanelle au milieu et Warden de Fontanelle à droite, Crédit : collection privée

RBE : Et après Aïnhoa Enfin ?

La relève commence déjà à se préparer avec son fils et son petit-fils qui ne manqueront pas d’être fidèle à nos valeurs.

Merci Sophie pour cet échange (écrit) et pour le partage de ton expérience et de tes valeurs.

Vous pouvez retrouver les actualités de l’élevage sur : les Fontanelles.

Les espoirs de l’endurance française : rencontre avec Eloïse

Les espoirs de l’endurance française : rencontre avec Eloïse

Bonjour à toi cher lecteur qui vient te divertir ou faire connaissance avec l’endurance. Aujourd’hui je te propose de partir à la rencontre d’une jeune cavalière de la discipline qui fait probablement partie des espoirs de l’endurance française.

Eloïse Laques est en cadet 1ère année et était l’an dernier dans la grande liste de présélection de l’équipe de France. Qualifiée pour les championnats du monde jeunes cavaliers de Pise en septembre 2019 avec son cheval de tête Golden Falcon alias Boz TT. Elle se classe dans le top 50 endurance France grâce notamment à sa 4ème place sur la CEIYJ de Fontainebleau 2019.

RBE : Bonjour Eloïse, peux-tu te présenter en quelques mots s’il te plait ? 

Je m’appelle Eloise laques, j’ai 15 ans et je fais de l’endurance depuis mes 10 ans et suis actuellement qualifiée en CEI**. Je vis dans le Lot et Garonne en nouvelle Aquitaine. Je rentre l’année prochaine en seconde.

RBE : Comment as-tu découvert l’endurance équestre ? Les chevaux avec lesquels tu cours sont-ils les tiens ? 

Mes parents pratiquent l’endurance depuis toujours, ils m’ont donc transmis cette passion.

J’ai actuellement 4 chevaux à l’entraînement dont deux que l’on nous a confiés. Deux chevaux de sept ans que l’on doit qualifier : Dalila de Coudié, qui est née chez nous et Djaïd rouby de l’élevage de Marie Rossignol et David viguier. Puis deux chevaux d’expérience dont Golden Falcon, 11ans ( BOZ TT) mon cheval de tête. Golden a été notre plus grande réussite jusqu’à présent avec la présélection pour l’équipe de France l’an dernier, grâce à notre 4ème place sur la CEIYJ** de Fontainebleau en mars puis 4ème place sur la CEIYJ** de Compiègne. Golden est issu de l’élevage de Tarek Taher. Je le remercie énormément pour sa confiance. Malheureusement, Golden a développé une tendinite qui nous a empêché de participer au dernier stage avant le championnat. 

J’ai aussi monté Radia, 12ans, de l’élevage de Fréderic et Béatrice Rouché, avec lequel j’ai aussi été présélectionnée l’an dernier après notre 4ème place sur la CEIYJ** de Caselsagrat M7. Il est parti à la retraite après sa dernière course à Pamiers où nous terminons 9ème de la CEIYJ**.

J’ai aussi deux poulains dont un de 4 ans, Ghazil al Janna que l’on vient de débourrer, aussi issu de l’élevage de Frederic Rouché, je souhaite le courir en jeunes chevaux l’année prochaine.

Eloïse à Castelsagrat avec Radia, crédit : collection privée

RBE : Quel est ton meilleur souvenir en endurance ? 

Mes meilleurs souvenirs en compétitions restent Fontainebleau, Castelsagrat et Compiègne.

Ndlr : Eloïse a un parcours très régulier, elle réalise trois 4ème place sur ces épreuves, on espère évidemment qu’elle grimpe sur le podium l’an prochain ! 

RBE : Ton objectif pour cette saison 2020 et 2021, puisque nous avons eu une courte saison en raison du Covid.

Cette année, je souhaite remettre Golden sur une CEI** après un an de repos suite à sa blessure ; Nous avons repris par une 60km à Cleyrac, qui s’est bien passée. Je souhaite aussi qualifier les deux chevaux de 7 ans Dalila et Djaïd.

En 2021, mes échéances dépendront des résultats de cette fin d’année. Je souhaite remercier les propriétaires pour leur confiance et pour me permettre de concourir.

RBE : Comment gères-tu les entraînements avec l’école ? 

Pour les études, pour l’instant ce n’est pas trop compliqué étant donné que je rentre au lycée en septembre. Heureusement que ma mère m’aide beaucoup pour l’entraînement et le soin des chevaux. J’en profite pour la remercier !

Lorsque je ne rentre pas trop tard de l’école, je monte le soir, mais pas si j’ai des contrôles dans la semaine. Dans ce cas là, c’est ma mère qui sort les chevaux. Sinon j’entraîne chaque mercredi après-midi et le weekend. Et mon papa m’aide plutôt pour l’assistance en concours, je le remercie aussi d’être présent.

RBE : Quel est ton rêve dans la discipline ?

Mon rêve serait d’intégrer l’équipe de France et d’amener mes chevaux au plus haut niveau, tout en me faisant plaisir.

Et c’est tout ce qu’on lui souhaite!

Retrouvez Eloïse sur instagram : @laqueseloise

Une française au Brésil : rencontre avec Mayling

Une française au Brésil : rencontre avec Mayling

Bonjour à toi cher lecteur qui vient te divertir ou faire connaissance avec l’endurance. Aujourd’hui je te propose de partir à la rencontre d’une jeune cavalière de la discipline au parcours fort sympathique.

Peut-être que tu ne l’as jamais vu, mais son nom peut te parler si tu étais aux championnats de France des As de Brécey en 2019. Mayling Potrin est une cavalière d’endurance de dix-neuf ans. En 2019 elle termine 28ème du classement national en endurance et est la première du classement amateur (les cavaliers classés devant sont professionnels ou concourant au niveau 2 et 3* régulièrement).

Aujourd’hui elle nous écrit depuis le Brésil où elle est partie travailler sept mois comme cavalière d’entrainement, une véritable aventure pour la jeune fille qui ne parle pas un mot de portugais (respect). Avec ce nouvel horizon, Mayling a de nombreux projets dans la discipline et ils sont assez atypiques.

RBE : Bonjour Mayling, peux-tu te présenter en quelques mots s’il te plait ?

M : Salut, Je m’appelle Mayling, je vais avoir 20 ans, je suis de la région Bretagne et d’origine guadeloupéenne. Diplômée d’un bac professionnel Conduite et gestion d’une entreprise agricole option équestre et actuellement qualifié CEI**.

RBE : Comment as-tu découvert l’endurance équestre ? Les chevaux avec lesquels tu cours sont-ils les tiens ?

M : J’ai découvert l’endurance en 2016 grâce un stage course, obligatoire au lycée lors de mon année de 1ère. J’ai fais ma première course en octobre de cette année-là et j’ai vraiment commencé à courir en 2017 dans les écuries de Pierre Auffret. Non je ne suis pas propriétaire pour le moment, un jour peut-être !

RBE : Quel est ton meilleur souvenir en endurance ?

M : Mon meilleur souvenir, je dirais que j’en ai deux. Ma première CEI* à St Nicolas du Pelem avec Jawa de Luriecq, un cheval de Catherine Palasse et mes 1ers championnats de France As l’année dernière avec Belote de Kerdavid, qui appartient à Aurélie Abalea. Sur ces deux courses j’ai eu la chance d’avoir des chevaux incroyables avec lesquels j’ai pris énormément de plaisir.

RBE : Ton objectif pour cette saison 2020

Mes objectifs pour la saison 2020, pouvoir prendre le départ d’une course ici au Brésil et pour la fin de saison la 120km de Fontainebleau en octobre, mais avec les récents événements du au COVID mon retour en France est peut-être compromis. Pour 2021 rien de sûr pour le moment mais j’aimerais partir de nouveau à l’étranger et commencer une saison dans un autre pays.

RBE : Je crois que tu as terminé tes études et travaille comme cavalière à temps plein, peux-tu nous parler de l’endurance au Brésil ?

Oui c’est ça !

Pour commencer, il faut savoir que la place de l’endurance au Brésil est très différente par rapport à la France (ndlr : ou même les autres nations fortes d’Europe). Très peu de personnes vivent de leur écurie d’endurance, la plupart des cavaliers sont des propriétaires aisés qui pratiquent le sport purement en amateurs. Il y a donc très peu de partants sur les épreuves CEI et pas de dynamique de circuit comme en France. Dans tout le Brésil il doit y avoir environ 10 sites de courses qui proposent plusieurs dates dans l’année. Pour ce qui est des épreuves, ce sont les mêmes kilomètres : 40, 80, 120 et 160km.

Mayling en course au Brésil, une aventure de sept mois en terre inconnue
Mayling avec Cueen Mary, lors de l’épreuve Amateur 1 de La Roche sur Yon

Ndlr : Il existe une course de 750km au Brésil, réservée aux Criollo : the Marcha de Resistência, qui se déroule sur 15 jours et se court entre 6,4km/h et 12km/h sur des étapes de 30 à 40km par jours.

RBE : C’est quoi une journée type d’entrainement au Brésil ?

En raison du covid, il n’y a plus vraiment d’objectifs ici, donc on fait de « l’entretien » surtout. Des sorties au pas, des longues comme en France avec parfois des allures, mais on fait vraiment beaucoup de travail de fond au pas, plus que ce que j’ai connu auparavant.

Ce qu’on fait le plus c’est varier les terrains : plano, meddio (montées et descentes) et morro (des montées), on alterne tout le temps entre ces trois types de terrains. Nous faisons aussi des entrainements aula, qui signifie « en carrière ».  Après, il y a vraiment des méthodes différentes entre chaque écurie, personne ne fait comme nous et nous ne faisons rien comme les autres.

Les courses vont bientôt rependre donc nous faisons plus d’allures et des séances de galop sur la piste. Une CEI** aura lieu en septembre.

Pendant le confinement nous avons fait le championnat du haras. Quatre épreuves, une tous les quinze jours où on tirait au sort un cheval de l’écurie pour une quarante kilomètre. Nous gagnions des points en fonction de notre classement et celui qui arrivait dernier avait le droit de choisir son cheval pour l’épreuve suivante. C’était vraiment sympa et cela changeait des entrainements habituels, une vraie mise en situation !

RBE : Quel est ton rêve dans la discipline ?

J’ai n’est pas vraiment de grand rêve mais si je devais choisir quelque chose, je dirais que finir une 160km serait déjà énorme ! pour moi.

Retrouvez les aventures de Mayling au Brésil sur instagram : @fr_endurance_rider et @mayling_pn

Photo de couverture : Mayling et Shogun endurance lors d’une épreuve d’entrainement de 40km au Brésil