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Confinement saison 2 : qui sont les professionnels du sport ?

Confinement saison 2 : qui sont les professionnels du sport ?

On se retrouve pour un sujet d’actu ! Le confinement et les autorisations accordées par le gouvernement concernant le sport. En bref, qui peut participer à des compétitions, sous quelles conditions ?

1/ Professionnel du sport versus Licence pro

Disposer d’une licence pro ne fait pas de vous un professionnel du sport, la licence se délivre au niveau de votre fédération afin de pouvoir concourrir sur le circuit international. Elle ne signifie pas que la pratique du sport est votre métier même si elle inclu une démarche de professionnalisation.

Etre professionnel du sport c’est avoir une activité sportive rémunérée contre la performance sportive, mais oui cela inclus parfois des amateurs. La notion de sport professionnelle n’est pas unitaire en France, donc le ministère a défini une structure : les salariés d’une pratique professionnelle en compétition définie par une fédération sportive, le cas des sports collectifs comme le foot, le baskets, le volley etc. Pour l’équitation, il s’agit du deuxième cas de figure « sportifs qui évoluent au plus haut niveau de leur discipline et qui vivent des revenus issus leur pratique sportive (souvent en tant que travailleurs indépendants : (rémunération de leur participation à des compétitions, contrats de sponsoring et de partenariat)) sans appartenir à un secteur professionnel déterminé comme tel par le cadre fédéral : golf , natation, tennis, tennis de table. »

En ce qui concerne l’équitation en général et l’endurance, les sportifs professionnels sont donc :

  • Les entraineurs
  • les coachs sportifs, moniteurs, instructeurs déclarés ( c’est à dire que si vous disposez du bpjeps ou dejeps, mais que ce n’est pas votre activité principale vous n’êtes pas concerné)
  • cavaliers professionnels ( inclus : cavalier soigneur, cavalier maison, cavalier jeunes chevaux, cavalier de concours et cavalier de haut niveau)
  • groom

Et pour les professionnels du secteur équestre sport et loisirs :

  • animateur poney, guide de tourisme équestre, cavalier de spectacle équestre (même si malheureusement annulés)
  • directeur de centre équestre et responsable d’écurie ( évidement hein puisque les chevaux mangent tous les jours)
  • palefrenier soigneur

Ces derniers ne peuvent pas donner de cours pendant le confinement sauf dans le cadre de la formation professionnelle ou universitaire ou sur prescription médicale aux population ci-après :

  • les scolaires et les accueils périscolaires
  • les étudiants STAPS
  • les personnes en formation continue ou professionnelle
  • les sportifs professionnels et toutes les populations accrédités dans le cadre des activités sportives à caractère professionnel
  • les sportifs de haut niveau et espoirs
  • les personnes pratiquant sur prescription médicale
  • les personnes en situation de handicap

Le ministère a annoncé que les sportifs dits « espoirs » pourraient eux aussi poursuivre au même titre que les sportifs de Haut Niveau. Comment devenons-nous cavalier de Haut Niveau ou espoir ? C’est un statut délivré aux sportifs amateurs sur résultats de compétitions, par le ministère. La liste est mise à jour annuellement.

Trouver la liste ministérielle des sportifs de Haut niveau : https://www.sports.gouv.fr/pratiques-sportives/sport-performance/sport-de-haut-niveau/article/liste-ministerielle-de-sportifs

Attention, être jeune cavalier ne signifie pas être espoir.

J’ai une licence pro, je peux concourir ?

Non, la licence pro ne signifie pas être professionnel du sport, si vous ne rentrez pas dans les critères précédents, vous ne pouvez pas participer aux compétitions.

Je monte pour des professionnels, puis-je concourrir ?

Si vous n’êtes pas déclaré auto-entrepreneur ou salarié de la structure professionnelle, non vous ne pouvez pas concourrir ni monter à cheval pendant le confinement ( à l’heure actuelle, cela peut évoluer).

2/ professionnel du secteur Equin

Là encore il y a une différence avec le sportif professionnel. L’éleveur ou directeur de strucutre agricole n’est pas forcément rémunéré par sa pratique sportive et confie souvent ses chevaux à des cavaliers professionnels, or la valorisation des chevaux en compétition fait partie intégrante de son métier, il est donc autorisé à se déplacer en compétiton. Les professionnels de l’élevage et la valorisation de chevaux de compétition ou entraineurs de chevaux de courses ne sont pas nécessairement affiliés à la MSA ( merci pour cette précision à monsieur Thierry V.). Etre affilié MSA n’est donc pas suffisant pour justifier d’une pratique sportive professionnelle.

Sont professionnels du secteur équin / agricole :

  • chefs de structures agricoles ou employés,
  • éleveurs, professionnels de la reproduction.
  • activité d’entraînement de chevaux de courses,
  • cochers-meneurs-débardeurs ( source équipédia)

Pour aller plus loin dans la réglementation et la création d’un statut agricole : https://www.creerentreprise.fr/choisir-son-statut-agricole-et-son-regime-social/

3/ apprenti ou stagiaire

Les apprentis et stagiaires continuent à travailler puisque les CFA et lycées restent ouverts; ils doivent donc rejoindre n semaine leur lieu d’apprentissage et peuvent monter à cheval, entrainer.

Cependant, les compétitions ne sont pas incluses dans les contrats bien souvent car en weekend et non intégrée à leur formation. Les apprentis ou stagiaires ne sont donc pas supposés, comme en temps normal, travailler le weekend et concourrir. Cela relève de la nature du contrat avec l’employeur et la structure d’étude, des informations devraient vous parvenir sous peu.

4/ Compétition professionnelle

Toutes ces cases ne serviront à rien si les organisateurs ne sont pas en mesure de maintenir les manifestations sportives professionnelles, donc la première chose à faire est de suivre le maintient des dernières compétitions de la saison.

Par nature, une compétition d’endurance internationale est déficitaire (source ffe, journées de l’endurance équestre 2019, Lamotte-Beuvron) . Elle coute plus cher à organiser que ce qu’elle peut générer de bénéfices, l’équilibre est apporté par les épreuves nationales et club. C’est donc une question supplémentaire qui se pose pour les organisateurs au-delà même des conditions sanitaires et qui détermine le maintient ou non de la manifestation.

D’après Ouest-France,  » Les éducateurs sportifs professionnels peuvent également bénéficier d’une dérogation dès lors qu’ils doivent enseigner et/ou maintenir leur condition physique et technique nécessaire à la poursuite de leur activité en sortie de confinement. Cette dérogation concerne également toutes les personnes accréditées dont la présence est nécessaire au bon déroulement des activités sportives à caractère professionnel (entraîneurs, juges, arbitres, officiels, prestataires). Des protocoles sanitaires rigoureux sont en place et continueront d’être appliqués. » Cela signifie que les organisateurs de compétitions peuvent s’appuyer sur les mesures prises par la ministre des sports pour organiser.

Sources :

Qu’est-ce que le sport professionnel ? article, sport.gouv

Les métiers de l’équitation sportive et de loisir, équipédia.fr

FAQ enseignement agricole, ministère de l’agriculture

Une française au Brésil : rencontre avec Mayling

Une française au Brésil : rencontre avec Mayling

Bonjour à toi cher lecteur qui vient te divertir ou faire connaissance avec l’endurance. Aujourd’hui je te propose de partir à la rencontre d’une jeune cavalière de la discipline au parcours fort sympathique.

Peut-être que tu ne l’as jamais vu, mais son nom peut te parler si tu étais aux championnats de France des As de Brécey en 2019. Mayling Potrin est une cavalière d’endurance de dix-neuf ans. En 2019 elle termine 28ème du classement national en endurance et est la première du classement amateur (les cavaliers classés devant sont professionnels ou concourant au niveau 2 et 3* régulièrement).

Aujourd’hui elle nous écrit depuis le Brésil où elle est partie travailler sept mois comme cavalière d’entrainement, une véritable aventure pour la jeune fille qui ne parle pas un mot de portugais (respect). Avec ce nouvel horizon, Mayling a de nombreux projets dans la discipline et ils sont assez atypiques.

RBE : Bonjour Mayling, peux-tu te présenter en quelques mots s’il te plait ?

M : Salut, Je m’appelle Mayling, je vais avoir 20 ans, je suis de la région Bretagne et d’origine guadeloupéenne. Diplômée d’un bac professionnel Conduite et gestion d’une entreprise agricole option équestre et actuellement qualifié CEI**.

RBE : Comment as-tu découvert l’endurance équestre ? Les chevaux avec lesquels tu cours sont-ils les tiens ?

M : J’ai découvert l’endurance en 2016 grâce un stage course, obligatoire au lycée lors de mon année de 1ère. J’ai fais ma première course en octobre de cette année-là et j’ai vraiment commencé à courir en 2017 dans les écuries de Pierre Auffret. Non je ne suis pas propriétaire pour le moment, un jour peut-être !

RBE : Quel est ton meilleur souvenir en endurance ?

M : Mon meilleur souvenir, je dirais que j’en ai deux. Ma première CEI* à St Nicolas du Pelem avec Jawa de Luriecq, un cheval de Catherine Palasse et mes 1ers championnats de France As l’année dernière avec Belote de Kerdavid, qui appartient à Aurélie Abalea. Sur ces deux courses j’ai eu la chance d’avoir des chevaux incroyables avec lesquels j’ai pris énormément de plaisir.

RBE : Ton objectif pour cette saison 2020

Mes objectifs pour la saison 2020, pouvoir prendre le départ d’une course ici au Brésil et pour la fin de saison la 120km de Fontainebleau en octobre, mais avec les récents événements du au COVID mon retour en France est peut-être compromis. Pour 2021 rien de sûr pour le moment mais j’aimerais partir de nouveau à l’étranger et commencer une saison dans un autre pays.

RBE : Je crois que tu as terminé tes études et travaille comme cavalière à temps plein, peux-tu nous parler de l’endurance au Brézil ?

Oui c’est ça !

Pour commencer, il faut savoir que la place de l’endurance au Brésil est très différente par rapport à la France (ndlr : ou même les autres nations fortes d’Europe). Très peu de personnes vivent de leur écurie d’endurance, la plupart des cavaliers sont des propriétaires aisés qui pratiquent le sport purement en amateurs. Il y a donc très peu de partants sur les épreuves CEI et pas de dynamique de circuit comme en France. Dans tout le Brésil il doit y avoir environ 10 sites de courses qui proposent plusieurs dates dans l’année. Pour ce qui est des épreuves, ce sont les mêmes kilomètres : 40, 80, 120 et 160km.

Mayling en course au Brésil, une aventure de sept mois en terre inconnue
Mayling avec Cueen Mary, lors de l’épreuve Amateur 1 de La Roche sur Yon

Ndlr : Il existe une course de 750km au Brézil, réservée aux Criollo : the Marcha de Resistência, qui se déroule sur 15 jours et se court entre 6,4km/h et 12km/h sur des étapes de 30 à 40km par jours.

RBE : C’est quoi une journée type d’entrainement au Brésil ?

En raison du covid, il n’y a plus vraiment d’objectifs ici, donc on fait de « l’entretien » surtout. Des sorties au pas, des longues comme en France avec parfois des allures, mais on fait vraiment beaucoup de travail de fond au pas, plus que ce que j’ai connu auparavant.

Ce qu’on fait le plus c’est varier les terrains : plano, meddio (montées et descentes) et morro (des montées), on alterne tout le temps entre ces trois types de terrains. Nous faisons aussi des entrainements aula, qui signifie « en carrière ».  Après, il y a vraiment des méthodes différentes entre chaque écurie, personne ne fait comme nous et nous ne faisons rien comme les autres.

Les courses vont bientôt rependre donc nous faisons plus d’allures et des séances de galop sur la piste. Une CEI** aura lieu en septembre.

Pendant le confinement nous avons fait le championnat du haras. Quatre épreuves, une tous les quinze jours où on tirait au sort un cheval de l’écurie pour une quarante kilomètre. Nous gagnions des points en fonction de notre classement et celui qui arrivait dernier avait le droit de choisir son cheval pour l’épreuve suivante. C’était vraiment sympa et cela changeait des entrainements habituels, une vraie mise en situation !

RBE : Quel est ton rêve dans la discipline ?

J’ai n’est pas vraiment de grand rêve mais si je devais choisir quelque chose, je dirais que finir une 160km serait déjà énorme ! pour moi.

Retrouvez les aventures de Mayling au Brésil sur instagram : @fr_endurance_rider et @mayling_pn

Photo de couverture : Mayling et Shogun endurance lors d’une épreuve d’entrainement de 40km au Brésil

Les journées de l’endurance 2019 #1

Les journées de l’endurance 2019 #1

Jour 1 : Explications et discussions autour du règlement FEI

Ces deux journées de l’endurance, ont permis d’échanger avec plus de cent-vingt acteurs de la discipline, cavaliers, entraineurs, organisateurs, éleveurs et juges sur l’évolution de la discipline et de confronter les avis pour construire l’avenir de l’endurance. Sur l’initiative de la commission endurance de la fédération française d’équitation, proposée certainement suite aux nombreux questionnements des acteurs de la discipline après les modifications du règlement fédéral et international, ces deux jours ont permis de revenir sur l’année, sur les changements des règlements : fédéral et international, proposer des axes d’évolution et d’innovations pour les circuits. Il en est ressorti de nombreux échanges et une émulation générale sur des points importants qui auront certainement leurs conséquences sur l’année endurante à venir. Débriefing en deux articles : les règlementations, les projets d’innovation.

Intervenants : Jean-Michel Grimal, Martin Denisot, Pascale Dietsch, Michel Faucon, Stéphane Chazel, Michel Payan, Christian Lozano, Quentin Simonet.

1/ Fédérer l’ensemble des acteurs de l’endurance.

Jean-Michel Grimal, sélectionneur national a introduit la première partie de la journée, les modifications du règlement FEI qui impacteront le fonctionnement national des concours.

Pour rappel, ces ajustements 2020 ont d’abord été annoncé lors du sport forum en Avril 2019 à Lausanne puis adoptés le 20 novembre dernier à Moscou intervenus après la nomination d’une commission temporaire à la FEI composée majoritairement des cavaliers et acteurs anglo-saxons de l’endurance. Stéphane Chazel est revenu sur la suspension du comité endurance dont il faisait partie et la mise en place de ce comité temporaire : « Le comité temporaire représente une seule tendance de l’endurance moderne, celle des anglo-saxons qui ne sollicite pas les deux autres tendances : les européens et le groupe 7. Les pays leader de la discipline doivent être représentés, écoutés et éprouvés. »

Entre l’échec de Tryon, le sport forum de Lausanne et la validation du règlement à Moscou, il s’en est passé des choses !

Quentin Simonet et Martin Denisot sont intervenus auprès de la fédération européenne des sports équestres pour créer un groupe de travail avec l’aide d’autres fédérations européennes. En tant que Leader dans l’endurance, la France a pris la présidence de la commission endurance à la fédération européenne en la personne de Quentin Simonet. Le but de cette commission : faire avancer la vision européenne dans la discipline de l’endurance et promouvoir un sport respectueux du cheval et épanouissant lorsqu’il est fait dans les règles. Essayer de proposer un règlement qui puisse satisfaire des pays qui n’ont que deux courses par an tout autant que les grosses nations organisatrices afin de permettre le développement de la discipline partout dans le monde.

L’appui de la Fédération équestre européenne et de ce groupe de travail a permis de faire un peu de « forcing » et amener des compromis pour l’application du règlement FEI. Par exemple, la complétion rate a été abandonné. L’Europe a fait du forcing pour pouvoir être autour de la table : Quentin Simonet et Jack Bégaud étaient présents en juillet pour défendre des idées argumentées face aux anglo-saxons bien décidés à durcir les règles et malheureusement punir ceux qui pratiquent l’endurance dans les règles.

Suite à ces échanges et les modifications du règlement FEI, Christian Lauzano a pris la parole pour surligner les modifications qui ont été adoptées en expliquant également que certaines prendront effet dès le 1janvier impactant la saison des courses dans le groupe 7 et d’autres nécessitent un paramétrage informatique et entreront en vigueur au 1er juillet 2020, notamment en ce qui concerne la règle de rotation des officiel (point très discuté pour sa difficulté d’application en Europe). Sans oublier que les discussions du jour ne pourront pas changer le règlement mais vont permettre de commenter, s’adapter au mieux et préparer les évolutions de 2021.

2/ Sortir de l’hégémonie des épreuves internationales.

Elles sont très nombreuses en France et donc très impactées par ce nouveau règlement autant pour les cavaliers que pour les organisateurs et juges. Pourtant, de nombreux organisateurs rappellent que les épreuves internationales sont déficitaires par nature et que ce sont les épreuves nationales et club qui permettent d’équilibrer un budget dans l’organisation. Alors pourquoi certaines dates du calendrier s’entêtent-elles à ouvrir une épreuve internationale avec seulement une dizaine de partants ?

Stépahne Chazel « il nous faut recentrer les épreuves françaises sur le national car la FEI en soit n’est qu’un but de rencontre internationales et ne devraient pas prendre le devant de la scène française. Il nous faut recibler nos épreuves sur le national. »

Car c’est bien ce que font de plus en plus de pays du groupe 7, jamais consultés dans ces nouvelles applications du règlement et souvent pointés du doigt pour leur non-respect de ce règlement international. Ils ont tout bonnement décidé de ne plus inscrire d’épreuves internationales au calendrier et en Europe, l’Espagne semble suivre le mouvement.

Les épreuves CEI : 100km minimum

A partir de maintenant, toutes les épreuves de niveau CEI1* devront faire au minimum 100km. Déjà adopté en France sur le circuit TOP7, cette distance permet de réduire l’écart entre la CEI1* et la CEI2* où on passait de 80km à 120km. D’autre part, il permet de créer une progression par rapport à l’épreuve national de 80km, proposer une nouvelle offre de concours et un nouvel enjeu tout comme la réduction de la vitesse moyenne.

Attention, pour autant, cette question d’augmentation des kilomètres amène celle du kilométrage des pistes car sur beaucoup d’épreuves en France, il manque des kilomètres au compteur.  « On voit apparaitre des vitesses faramineuses sur le papier alors que sur le terrain ce n’est pas le cas, il faut mettre les vrais kilomètres » – J-M. Grimal.

Mise en place : 1 janvier

Question à la fédération : les épreuves nationales doivent être relevées à 100km aussi ou rester à 80km ? Le système de qualification en national doit être revu car d’un côté, les chevaux valorisés sur des épreuves internationales doivent faire 100km pour aller sur une 120km et les chevaux qui demeurent sur le circuit national peuvent faire 80km puis 120km pour se retrouver ensemble sur un départ d’épreuve de 120km.

3/ Ce qui change et ce qui ne change pas en 2020

Deux CEI1* pour accéder à la CEI2*

Dans une optique de préservation et préparation des chevaux (selon la FEI) il faudra désormais se classer sur deux CEI1* de 100km avant d’accéder à la CEI2*, mais attention, dans une limite de trois départs. C’est-à-dire que si vous échouez (abandon, boiterie, non partant) une première fois, vous pouvez prendre deux autres départs sur une épreuve CEI1*. Si sur trois départs vous ne classez qu’une seule épreuve, cette qualification sera annulée, en conséquence c’est une saison qui saute.

Mais relativisons, même s’il vous arrive un problème sur une course, en général dans une année vous et votre cheval pouvez largement classer deux épreuves de 100km. Cette règle a été mise en place dans le but de plus considérer l’épreuve de CEI1* comme préparation au haut niveau de 2 et 3*, ralentir les vitesses moyennes et durcir le niveau d’accès au haut niveau international. Mais oui, pour des écuries d’entrainement c’est un vrai dilemme de calendrier et de préparation.

Mise en place : 1juillet. Tous les chevaux qualifiés en CEI2 avant le premier juillet échapperont à la règle.

Question à la fédération : durcir le système pour les épreuves nationales car il apparait injuste (selon des cavaliers entraineurs) que les chevaux valorisés sur le circuit international aient deux courses de plus à faire pour accéder à l’épreuve CEI3* (2×100 puis 2×120) que des chevaux valorisés sur le circuit national qui concourrent en Amateur Elite GrandPrix et prennent le même départ que les CEI3*. Il est donc demandé aux organisateurs d’envisager de séparer les catégories d’épreuves : pas de départ groupé, pas de classement scratch, une épreuve par catégorie.

Aussi, le championnat des sept ans est supprimé, seuls les huit ans pourront s’affronter sur une epreuve CEI2* et les championnats : junior comme Senior internationaux ne seront accessibles qu’aux chevaux de neuf ans.

Le poids en CEI : cette nouvelle règle qui existait déjà

Depuis des années en France, un consensus était adopté pour laisser libre choix aux organisateurs d’imposer un poids minimum sur la CEI2*. Beaucoup ont toujours fait le choix d’imposer les 70kg sur les épreuve CEI2* et le circuit Top7 imposait déjà les 70kg sur la CEI1* 100km. Il est donc bon de rappeler que cette règle n’est pas nouvelle et ne nécessitait pas autant de débats sur les réseaux sociaux qui se sont poursuivis lors de la journée de discussion (avis général).  

A partir du premier janvier 2020, le poids minimum est obligatoire : CEIYJ1* et CEIYJ2* seront à 60kg minimum (ça oui c’est nouveau), CEI1* et CEI2* à 70kg, CEI3* à 75kg.

« La dérive dans les autres groupes a été de finir avec des cavaliers jockeys, on a voulu éviter de se retrouver avec la dérive des courses de dromadaires où il y a maintenant des robots, déclare Stéphane Chazel. Moins on mettra de poids et de kilomètres plus on ira vers des vitesses et de dérives »

Plusieurs intervenants et cavaliers défendent ce point de vue après que des tests aient été réalisés dans les écuries Punti et Frances « A poids égaux les chevaux souffrent moins avec un poids près du corps qu’avec un poids ballant ». Julien Lafaure intervient alors pour appuyer cet argument « j’ai fait des tests sur piste avec mes chevaux, à poids égaux, les chevaux galopent avec une fréquence cardiaque plus basse lorsqu’ils portent des tapis de plomb (poids mort) que lorsque c’est le cavalier qui pèse lourd. »

Alors évidemment les petits cavaliers vont devoir se pencher sur leur matériel pour optimiser la répartition du poids. Ce qu’il faut savoir, c’est que plus la surface de répartition du poids est importante plus vous gagnez en confort et en répartition des points de pression pour votre cheval, c’est pour cela qu’un cavalier léger ou lourd, dont le centre de gravité se situe uniquement au-dessus de la 13ème vertèbre a plus d’incidence qu’un tapis ou une selle lourde dont le poids est réparti de chaque côté du rachis lorsqu’il fatigue et fait pression sur le dos de son cheval.

En national : Poids applicable aussi dans les mêmes critères.

Les nouveautés du contrôle vétérinaire

Lors d’un deuxième passage, si la fréquence cardiaque est supérieure à 68 pulsations minutes il y aura automatiquement un réexamen avant départ sur la boucle quelle que soit la distance (uniquement sur CEI). Cette règle permet de parer à certaines éventualités de problèmes de santé qui ne seraient pas détectés à chaud à l’arrivée de la boucle mais qui à froid se verraient.

« Il peut y avoir suspicion d’un problème si le cheval est haut, soit vous vous êtes juste plantés en rentrant trop vite au contrôle, soit il y a effectivement quelque chose et les vétérinaires ont l’occasion et l’obligation de vérifier. » (Pas tout à fait retranscrit dans les termes exacts mais l’idée du sélectionneur est là.)

A la demande d’une cavalière « 68 à la première prise ou à la minute ? », Michel Payan répond qu’avec la prise électronique c’est à la minute et qu’au stéthoscope, généralement si dans les premières quinze secondes le cardiaque est en dessous de 56, le vétérinaire valide et fait trotter le cheval sans attendre la minute, si le cœur est entre 56 et plus, le vétérinaire va jusqu’à la minute.

Le trotting : si le cavalier ou groom ne parvient pas à faire trotter son cheval au bout de la troisième fois (fatigue, désobéissance ou tout autre forme de refus du cheval mais aussi mauvaise présentation du cavalier, tête non lâchée, galop ou autre ), le jury vétérinaire déclare l’élimination, au lieu d’être indiqué comme DSQ : disqualified ou « éliminé pour éliminé », le cheval sera noté comme LA : Lame / boiterie.

Le henné est interdit aussi bien en CEI qu’en national, seules les crèmes sont autorisées mais à la demande des vétérinaires doivent être enlevées pour passer le contrôle.

L’élimination et la vitesse

Une nouvelle règle un peu mathématique vient s’ajouter dans le cadre d’une élimination FTQ (failed to compete / abandon sur piste) ou DSQ (disqualifié).

Si le couple cavalier/cheval a été éliminé sur ces raisons et a montré une vitesse de plus de 20km/h sur la piste, ils prennent un malus. La prochaine compétition ne devra pas se faire à plus de 18km/h par boucle ! Si le cavalier ou le cheval a essuyé deux éliminations de ce type, il sera contraint sur deux épreuves consécutives de ne pas dépasser les 18km/h dans l’année.

Oui c’est une partie assez complexe, c’est-à-dire que si vous êtes éliminé au bout d’une seule étape que vous avez réalisé entre 20 et 24km /h (je me base là sur une course comme Euston Park où il est courant de voir ces vitesses sur la première étape), pour FTQ u DSQ alors votre prochaine épreuve est à « vitesse limitée » à 18km/h.

« Atteindre 20km/h de moyenne sur une course en France, c’est très difficile à faire, lorsqu’il y a vraiment les kilomètres. C’est pour cela que j’insiste auprès des organisateurs pour qu’il y ait les vrais kilomètres. En France, il y a quand même peu de courses qui le permettent » Jean-Michel Grimal.

En vérité, cette règle a été conçue pour des courses très roulantes comme Euston Park, Pise ou encore les courses du Moyen-Orient où ces vitesses moyennes sont plus courantes. On relèvera Compiègne, Chantilly, Pamiers comme principaux terrains roulant en France (euh quand il ne pleut pas).

Jury de CEI

Une règle importante et très handicapante pour les organisateurs a vu le jour dans ce nouveau règlement : la rotation des juges sur les concours. Malheureusement, il n’y a pas assez de juges 3 et 4 étoiles en France et en Europe pour assurer cette rotation permanente des juges. Le principe lorsqu’on construit une équipe organisatrice et officiels de compétition est de pouvoir s’entourer de personnes qui s’entendent, s’entraident et avec lesquelles on va pouvoir travailler sereinement. La rotation inclus une acclimatation perpétuelle, le non-choix des officiels et des frais de roulement pour ces derniers.

Affaire à suivre pour 2020.

Question à la fédération : les organisateurs demandaient à avoir des présidents de jury différents sur plusieurs épreuves le même jour pour monter en compétence car lorsqu’il y a une CEI3* il faut un jury 4* et le président de jury se retrouve à juger aussi la CEI1* du même jour ne permettant pas à un juge 1* de monter en qualification. Un président de jury par épreuve permettrait que les juges 1* valident plus facilement un certain nombre de concours lorsque ces derniers sont couplés à des épreuves plus importantes.

Ce sont les grands axes qui ont été abordés sur la réglementation FEI, pour tout ce qui est évolution de la réglementation FFE, club, amateur et pro, je vous prépare un débrief dans un autre article pour ne pas tout mélanger.

Vous pouvez retrouver l’intégralité des modifications du règlement FEI et ses dates d’application sur le site de la FEI (cliquer sur FEI)