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Une française au Brésil : rencontre avec Mayling

Une française au Brésil : rencontre avec Mayling

Bonjour à toi cher lecteur qui vient te divertir ou faire connaissance avec l’endurance. Aujourd’hui je te propose de partir à la rencontre d’une jeune cavalière de la discipline au parcours fort sympathique.

Peut-être que tu ne l’as jamais vu, mais son nom peut te parler si tu étais aux championnats de France des As de Brécey en 2019. Mayling Potrin est une cavalière d’endurance de dix-neuf ans. En 2019 elle termine 28ème du classement national en endurance et est la première du classement amateur (les cavaliers classés devant sont professionnels ou concourant au niveau 2 et 3* régulièrement).

Aujourd’hui elle nous écrit depuis le Brésil où elle est partie travailler sept mois comme cavalière d’entrainement, une véritable aventure pour la jeune fille qui ne parle pas un mot de portugais (respect). Avec ce nouvel horizon, Mayling a de nombreux projets dans la discipline et ils sont assez atypiques.

RBE : Bonjour Mayling, peux-tu te présenter en quelques mots s’il te plait ?

M : Salut, Je m’appelle Mayling, je vais avoir 20 ans, je suis de la région Bretagne et d’origine guadeloupéenne. Diplômée d’un bac professionnel Conduite et gestion d’une entreprise agricole option équestre et actuellement qualifié CEI**.

RBE : Comment as-tu découvert l’endurance équestre ? Les chevaux avec lesquels tu cours sont-ils les tiens ?

M : J’ai découvert l’endurance en 2016 grâce un stage course, obligatoire au lycée lors de mon année de 1ère. J’ai fais ma première course en octobre de cette année-là et j’ai vraiment commencé à courir en 2017 dans les écuries de Pierre Auffret. Non je ne suis pas propriétaire pour le moment, un jour peut-être !

RBE : Quel est ton meilleur souvenir en endurance ?

M : Mon meilleur souvenir, je dirais que j’en ai deux. Ma première CEI* à St Nicolas du Pelem avec Jawa de Luriecq, un cheval de Catherine Palasse et mes 1ers championnats de France As l’année dernière avec Belote de Kerdavid, qui appartient à Aurélie Abalea. Sur ces deux courses j’ai eu la chance d’avoir des chevaux incroyables avec lesquels j’ai pris énormément de plaisir.

RBE : Ton objectif pour cette saison 2020

Mes objectifs pour la saison 2020, pouvoir prendre le départ d’une course ici au Brésil et pour la fin de saison la 120km de Fontainebleau en octobre, mais avec les récents événements du au COVID mon retour en France est peut-être compromis. Pour 2021 rien de sûr pour le moment mais j’aimerais partir de nouveau à l’étranger et commencer une saison dans un autre pays.

RBE : Je crois que tu as terminé tes études et travaille comme cavalière à temps plein, peux-tu nous parler de l’endurance au Brézil ?

Oui c’est ça !

Pour commencer, il faut savoir que la place de l’endurance au Brésil est très différente par rapport à la France (ndlr : ou même les autres nations fortes d’Europe). Très peu de personnes vivent de leur écurie d’endurance, la plupart des cavaliers sont des propriétaires aisés qui pratiquent le sport purement en amateurs. Il y a donc très peu de partants sur les épreuves CEI et pas de dynamique de circuit comme en France. Dans tout le Brésil il doit y avoir environ 10 sites de courses qui proposent plusieurs dates dans l’année. Pour ce qui est des épreuves, ce sont les mêmes kilomètres : 40, 80, 120 et 160km.

Mayling en course au Brésil, une aventure de sept mois en terre inconnue
Mayling avec Cueen Mary, lors de l’épreuve Amateur 1 de La Roche sur Yon

Ndlr : Il existe une course de 750km au Brézil, réservée aux Criollo : the Marcha de Resistência, qui se déroule sur 15 jours et se court entre 6,4km/h et 12km/h sur des étapes de 30 à 40km par jours.

RBE : C’est quoi une journée type d’entrainement au Brésil ?

En raison du covid, il n’y a plus vraiment d’objectifs ici, donc on fait de « l’entretien » surtout. Des sorties au pas, des longues comme en France avec parfois des allures, mais on fait vraiment beaucoup de travail de fond au pas, plus que ce que j’ai connu auparavant.

Ce qu’on fait le plus c’est varier les terrains : plano, meddio (montées et descentes) et morro (des montées), on alterne tout le temps entre ces trois types de terrains. Nous faisons aussi des entrainements aula, qui signifie « en carrière ».  Après, il y a vraiment des méthodes différentes entre chaque écurie, personne ne fait comme nous et nous ne faisons rien comme les autres.

Les courses vont bientôt rependre donc nous faisons plus d’allures et des séances de galop sur la piste. Une CEI** aura lieu en septembre.

Pendant le confinement nous avons fait le championnat du haras. Quatre épreuves, une tous les quinze jours où on tirait au sort un cheval de l’écurie pour une quarante kilomètre. Nous gagnions des points en fonction de notre classement et celui qui arrivait dernier avait le droit de choisir son cheval pour l’épreuve suivante. C’était vraiment sympa et cela changeait des entrainements habituels, une vraie mise en situation !

RBE : Quel est ton rêve dans la discipline ?

J’ai n’est pas vraiment de grand rêve mais si je devais choisir quelque chose, je dirais que finir une 160km serait déjà énorme ! pour moi.

Retrouvez les aventures de Mayling au Brésil sur instagram : @fr_endurance_rider et @mayling_pn

Photo de couverture : Mayling et Shogun endurance lors d’une épreuve d’entrainement de 40km au Brésil

Les journées de l’endurance 2019 #1

Les journées de l’endurance 2019 #1

Jour 1 : Explications et discussions autour du règlement FEI

Ces deux journées de l’endurance, ont permis d’échanger avec plus de cent-vingt acteurs de la discipline, cavaliers, entraineurs, organisateurs, éleveurs et juges sur l’évolution de la discipline et de confronter les avis pour construire l’avenir de l’endurance. Sur l’initiative de la commission endurance de la fédération française d’équitation, proposée certainement suite aux nombreux questionnements des acteurs de la discipline après les modifications du règlement fédéral et international, ces deux jours ont permis de revenir sur l’année, sur les changements des règlements : fédéral et international, proposer des axes d’évolution et d’innovations pour les circuits. Il en est ressorti de nombreux échanges et une émulation générale sur des points importants qui auront certainement leurs conséquences sur l’année endurante à venir. Débriefing en deux articles : les règlementations, les projets d’innovation.

Intervenants : Jean-Michel Grimal, Martin Denisot, Pascale Dietsch, Michel Faucon, Stéphane Chazel, Michel Payan, Christian Lozano, Quentin Simonet.

1/ Fédérer l’ensemble des acteurs de l’endurance.

Jean-Michel Grimal, sélectionneur national a introduit la première partie de la journée, les modifications du règlement FEI qui impacteront le fonctionnement national des concours.

Pour rappel, ces ajustements 2020 ont d’abord été annoncé lors du sport forum en Avril 2019 à Lausanne puis adoptés le 20 novembre dernier à Moscou intervenus après la nomination d’une commission temporaire à la FEI composée majoritairement des cavaliers et acteurs anglo-saxons de l’endurance. Stéphane Chazel est revenu sur la suspension du comité endurance dont il faisait partie et la mise en place de ce comité temporaire : « Le comité temporaire représente une seule tendance de l’endurance moderne, celle des anglo-saxons qui ne sollicite pas les deux autres tendances : les européens et le groupe 7. Les pays leader de la discipline doivent être représentés, écoutés et éprouvés. »

Entre l’échec de Tryon, le sport forum de Lausanne et la validation du règlement à Moscou, il s’en est passé des choses !

Quentin Simonet et Martin Denisot sont intervenus auprès de la fédération européenne des sports équestres pour créer un groupe de travail avec l’aide d’autres fédérations européennes. En tant que Leader dans l’endurance, la France a pris la présidence de la commission endurance à la fédération européenne en la personne de Quentin Simonet. Le but de cette commission : faire avancer la vision européenne dans la discipline de l’endurance et promouvoir un sport respectueux du cheval et épanouissant lorsqu’il est fait dans les règles. Essayer de proposer un règlement qui puisse satisfaire des pays qui n’ont que deux courses par an tout autant que les grosses nations organisatrices afin de permettre le développement de la discipline partout dans le monde.

L’appui de la Fédération équestre européenne et de ce groupe de travail a permis de faire un peu de « forcing » et amener des compromis pour l’application du règlement FEI. Par exemple, la complétion rate a été abandonné. L’Europe a fait du forcing pour pouvoir être autour de la table : Quentin Simonet et Jack Bégaud étaient présents en juillet pour défendre des idées argumentées face aux anglo-saxons bien décidés à durcir les règles et malheureusement punir ceux qui pratiquent l’endurance dans les règles.

Suite à ces échanges et les modifications du règlement FEI, Christian Lauzano a pris la parole pour surligner les modifications qui ont été adoptées en expliquant également que certaines prendront effet dès le 1janvier impactant la saison des courses dans le groupe 7 et d’autres nécessitent un paramétrage informatique et entreront en vigueur au 1er juillet 2020, notamment en ce qui concerne la règle de rotation des officiel (point très discuté pour sa difficulté d’application en Europe). Sans oublier que les discussions du jour ne pourront pas changer le règlement mais vont permettre de commenter, s’adapter au mieux et préparer les évolutions de 2021.

2/ Sortir de l’hégémonie des épreuves internationales.

Elles sont très nombreuses en France et donc très impactées par ce nouveau règlement autant pour les cavaliers que pour les organisateurs et juges. Pourtant, de nombreux organisateurs rappellent que les épreuves internationales sont déficitaires par nature et que ce sont les épreuves nationales et club qui permettent d’équilibrer un budget dans l’organisation. Alors pourquoi certaines dates du calendrier s’entêtent-elles à ouvrir une épreuve internationale avec seulement une dizaine de partants ?

Stépahne Chazel « il nous faut recentrer les épreuves françaises sur le national car la FEI en soit n’est qu’un but de rencontre internationales et ne devraient pas prendre le devant de la scène française. Il nous faut recibler nos épreuves sur le national. »

Car c’est bien ce que font de plus en plus de pays du groupe 7, jamais consultés dans ces nouvelles applications du règlement et souvent pointés du doigt pour leur non-respect de ce règlement international. Ils ont tout bonnement décidé de ne plus inscrire d’épreuves internationales au calendrier et en Europe, l’Espagne semble suivre le mouvement.

Les épreuves CEI : 100km minimum

A partir de maintenant, toutes les épreuves de niveau CEI1* devront faire au minimum 100km. Déjà adopté en France sur le circuit TOP7, cette distance permet de réduire l’écart entre la CEI1* et la CEI2* où on passait de 80km à 120km. D’autre part, il permet de créer une progression par rapport à l’épreuve national de 80km, proposer une nouvelle offre de concours et un nouvel enjeu tout comme la réduction de la vitesse moyenne.

Attention, pour autant, cette question d’augmentation des kilomètres amène celle du kilométrage des pistes car sur beaucoup d’épreuves en France, il manque des kilomètres au compteur.  « On voit apparaitre des vitesses faramineuses sur le papier alors que sur le terrain ce n’est pas le cas, il faut mettre les vrais kilomètres » – J-M. Grimal.

Mise en place : 1 janvier

Question à la fédération : les épreuves nationales doivent être relevées à 100km aussi ou rester à 80km ? Le système de qualification en national doit être revu car d’un côté, les chevaux valorisés sur des épreuves internationales doivent faire 100km pour aller sur une 120km et les chevaux qui demeurent sur le circuit national peuvent faire 80km puis 120km pour se retrouver ensemble sur un départ d’épreuve de 120km.

3/ Ce qui change et ce qui ne change pas en 2020

Deux CEI1* pour accéder à la CEI2*

Dans une optique de préservation et préparation des chevaux (selon la FEI) il faudra désormais se classer sur deux CEI1* de 100km avant d’accéder à la CEI2*, mais attention, dans une limite de trois départs. C’est-à-dire que si vous échouez (abandon, boiterie, non partant) une première fois, vous pouvez prendre deux autres départs sur une épreuve CEI1*. Si sur trois départs vous ne classez qu’une seule épreuve, cette qualification sera annulée, en conséquence c’est une saison qui saute.

Mais relativisons, même s’il vous arrive un problème sur une course, en général dans une année vous et votre cheval pouvez largement classer deux épreuves de 100km. Cette règle a été mise en place dans le but de plus considérer l’épreuve de CEI1* comme préparation au haut niveau de 2 et 3*, ralentir les vitesses moyennes et durcir le niveau d’accès au haut niveau international. Mais oui, pour des écuries d’entrainement c’est un vrai dilemme de calendrier et de préparation.

Mise en place : 1juillet. Tous les chevaux qualifiés en CEI2 avant le premier juillet échapperont à la règle.

Question à la fédération : durcir le système pour les épreuves nationales car il apparait injuste (selon des cavaliers entraineurs) que les chevaux valorisés sur le circuit international aient deux courses de plus à faire pour accéder à l’épreuve CEI3* (2×100 puis 2×120) que des chevaux valorisés sur le circuit national qui concourrent en Amateur Elite GrandPrix et prennent le même départ que les CEI3*. Il est donc demandé aux organisateurs d’envisager de séparer les catégories d’épreuves : pas de départ groupé, pas de classement scratch, une épreuve par catégorie.

Aussi, le championnat des sept ans est supprimé, seuls les huit ans pourront s’affronter sur une epreuve CEI2* et les championnats : junior comme Senior internationaux ne seront accessibles qu’aux chevaux de neuf ans.

Le poids en CEI : cette nouvelle règle qui existait déjà

Depuis des années en France, un consensus était adopté pour laisser libre choix aux organisateurs d’imposer un poids minimum sur la CEI2*. Beaucoup ont toujours fait le choix d’imposer les 70kg sur les épreuve CEI2* et le circuit Top7 imposait déjà les 70kg sur la CEI1* 100km. Il est donc bon de rappeler que cette règle n’est pas nouvelle et ne nécessitait pas autant de débats sur les réseaux sociaux qui se sont poursuivis lors de la journée de discussion (avis général).  

A partir du premier janvier 2020, le poids minimum est obligatoire : CEIYJ1* et CEIYJ2* seront à 60kg minimum (ça oui c’est nouveau), CEI1* et CEI2* à 70kg, CEI3* à 75kg.

« La dérive dans les autres groupes a été de finir avec des cavaliers jockeys, on a voulu éviter de se retrouver avec la dérive des courses de dromadaires où il y a maintenant des robots, déclare Stéphane Chazel. Moins on mettra de poids et de kilomètres plus on ira vers des vitesses et de dérives »

Plusieurs intervenants et cavaliers défendent ce point de vue après que des tests aient été réalisés dans les écuries Punti et Frances « A poids égaux les chevaux souffrent moins avec un poids près du corps qu’avec un poids ballant ». Julien Lafaure intervient alors pour appuyer cet argument « j’ai fait des tests sur piste avec mes chevaux, à poids égaux, les chevaux galopent avec une fréquence cardiaque plus basse lorsqu’ils portent des tapis de plomb (poids mort) que lorsque c’est le cavalier qui pèse lourd. »

Alors évidemment les petits cavaliers vont devoir se pencher sur leur matériel pour optimiser la répartition du poids. Ce qu’il faut savoir, c’est que plus la surface de répartition du poids est importante plus vous gagnez en confort et en répartition des points de pression pour votre cheval, c’est pour cela qu’un cavalier léger ou lourd, dont le centre de gravité se situe uniquement au-dessus de la 13ème vertèbre a plus d’incidence qu’un tapis ou une selle lourde dont le poids est réparti de chaque côté du rachis lorsqu’il fatigue et fait pression sur le dos de son cheval.

En national : Poids applicable aussi dans les mêmes critères.

Les nouveautés du contrôle vétérinaire

Lors d’un deuxième passage, si la fréquence cardiaque est supérieure à 68 pulsations minutes il y aura automatiquement un réexamen avant départ sur la boucle quelle que soit la distance (uniquement sur CEI). Cette règle permet de parer à certaines éventualités de problèmes de santé qui ne seraient pas détectés à chaud à l’arrivée de la boucle mais qui à froid se verraient.

« Il peut y avoir suspicion d’un problème si le cheval est haut, soit vous vous êtes juste plantés en rentrant trop vite au contrôle, soit il y a effectivement quelque chose et les vétérinaires ont l’occasion et l’obligation de vérifier. » (Pas tout à fait retranscrit dans les termes exacts mais l’idée du sélectionneur est là.)

A la demande d’une cavalière « 68 à la première prise ou à la minute ? », Michel Payan répond qu’avec la prise électronique c’est à la minute et qu’au stéthoscope, généralement si dans les premières quinze secondes le cardiaque est en dessous de 56, le vétérinaire valide et fait trotter le cheval sans attendre la minute, si le cœur est entre 56 et plus, le vétérinaire va jusqu’à la minute.

Le trotting : si le cavalier ou groom ne parvient pas à faire trotter son cheval au bout de la troisième fois (fatigue, désobéissance ou tout autre forme de refus du cheval mais aussi mauvaise présentation du cavalier, tête non lâchée, galop ou autre ), le jury vétérinaire déclare l’élimination, au lieu d’être indiqué comme DSQ : disqualified ou « éliminé pour éliminé », le cheval sera noté comme LA : Lame / boiterie.

Le henné est interdit aussi bien en CEI qu’en national, seules les crèmes sont autorisées mais à la demande des vétérinaires doivent être enlevées pour passer le contrôle.

L’élimination et la vitesse

Une nouvelle règle un peu mathématique vient s’ajouter dans le cadre d’une élimination FTQ (failed to compete / abandon sur piste) ou DSQ (disqualifié).

Si le couple cavalier/cheval a été éliminé sur ces raisons et a montré une vitesse de plus de 20km/h sur la piste, ils prennent un malus. La prochaine compétition ne devra pas se faire à plus de 18km/h par boucle ! Si le cavalier ou le cheval a essuyé deux éliminations de ce type, il sera contraint sur deux épreuves consécutives de ne pas dépasser les 18km/h dans l’année.

Oui c’est une partie assez complexe, c’est-à-dire que si vous êtes éliminé au bout d’une seule étape que vous avez réalisé entre 20 et 24km /h (je me base là sur une course comme Euston Park où il est courant de voir ces vitesses sur la première étape), pour FTQ u DSQ alors votre prochaine épreuve est à « vitesse limitée » à 18km/h.

« Atteindre 20km/h de moyenne sur une course en France, c’est très difficile à faire, lorsqu’il y a vraiment les kilomètres. C’est pour cela que j’insiste auprès des organisateurs pour qu’il y ait les vrais kilomètres. En France, il y a quand même peu de courses qui le permettent » Jean-Michel Grimal.

En vérité, cette règle a été conçue pour des courses très roulantes comme Euston Park, Pise ou encore les courses du Moyen-Orient où ces vitesses moyennes sont plus courantes. On relèvera Compiègne, Chantilly, Pamiers comme principaux terrains roulant en France (euh quand il ne pleut pas).

Jury de CEI

Une règle importante et très handicapante pour les organisateurs a vu le jour dans ce nouveau règlement : la rotation des juges sur les concours. Malheureusement, il n’y a pas assez de juges 3 et 4 étoiles en France et en Europe pour assurer cette rotation permanente des juges. Le principe lorsqu’on construit une équipe organisatrice et officiels de compétition est de pouvoir s’entourer de personnes qui s’entendent, s’entraident et avec lesquelles on va pouvoir travailler sereinement. La rotation inclus une acclimatation perpétuelle, le non-choix des officiels et des frais de roulement pour ces derniers.

Affaire à suivre pour 2020.

Question à la fédération : les organisateurs demandaient à avoir des présidents de jury différents sur plusieurs épreuves le même jour pour monter en compétence car lorsqu’il y a une CEI3* il faut un jury 4* et le président de jury se retrouve à juger aussi la CEI1* du même jour ne permettant pas à un juge 1* de monter en qualification. Un président de jury par épreuve permettrait que les juges 1* valident plus facilement un certain nombre de concours lorsque ces derniers sont couplés à des épreuves plus importantes.

Ce sont les grands axes qui ont été abordés sur la réglementation FEI, pour tout ce qui est évolution de la réglementation FFE, club, amateur et pro, je vous prépare un débrief dans un autre article pour ne pas tout mélanger.

Vous pouvez retrouver l’intégralité des modifications du règlement FEI et ses dates d’application sur le site de la FEI (cliquer sur FEI)

#INFO : La photographie en compétition

#INFO : La photographie en compétition

Bonjour tout le monde, cet article risque d’être un peu houleux 😀 mais rassurez-vous c’est pour le bien de la communauté, ce sont des conseils et de l’information.

J’écris ceci aujourd’hui suite aux récentes compétitions de cette saison où l’endurance a fait un certain bon médiatique : articles de presse, photos, reportages télé. Comme vous avez pu le voir, les photographes (professionnels et amateurs) sont de plus en plus nombreux à venir sur les pistes de courses d’endurance immortaliser nos galops.

Vous souhaitez que cela continue ? Vous voulez de beaux souvenirs en évitant de vous faire taper sur les doigts ? Alors il y a quelques règles à respecter que beaucoup ignorent, c’est pourquoi je fais un point info : D : le droit de la propriété intellectuelle.

by Alexander Dummer

1/ Droit de la propriété intellectuelle

 « La propriété intellectuelle recouvre à la fois la propriété industrielle et la propriété littéraire et artistique. Outil de lutte contre la contrefaçon ou le plagiat, la propriété intellectuelle permet à l’auteur d’une création de protéger son œuvre et de lui octroyer les avantages issus de son œuvre. En effet, qu’il s’agisse d’une innovation, d’une image, d’une création esthétique, d’un nom ou d’un logo, votre création peut-être protégée de toute tentative de réappropriation. »

« La propriété littéraire et artistique s’applique aux œuvres littéraires et artistiques (romans, théâtre, films, musiques, dessins, peintures, photos, sculptures, œuvres d’architecture…). Elle a la particularité de se créer sans formalités quelconques, du simple fait de la création de l’œuvre. Les droits dits voisins concernent notamment les artistes interprètes et les communications audiovisuelles. »

En bref et sans jolis mots : toute création appartient à son auteur qui doit être crédité, mentionné même si un contrat est signé (acte de vente de la photo) pour son utilisation. Toute utilisation des photos ou d’autres œuvres artistiques et littéraires sans mention de l’auteur : c’est du vol.

Je sais, vous ne l’avez pas fait exprès, cette capture d’écran ou cet enregistrement de la photo sur facebook, après tout, le photographe l’a lui-même publiée 🤭 alors faisons un point sur les bonnes pratiques et les choses à éviter

2 / Les photos partagées sur Facebook

Premièrement, sachez qu’en prenant votre licence compétition et en vous engageant sur un concours vous cédez votre droit à l’image à l’organisateur et à la fédération pour la presse et la promotion de l’événement. Si vous souhaitez qu’une photo soit retirée car elle vous dévalorise, vous porte atteinte, rien de plus simple que d’écrire au photographe ou à l’organisateur ( le diffuseur dans tous les cas) pour que les photos vous concernant soient retirées de publications. Pas juste celle où vous êtes super moche, que votre cheval est moche mais celle ou vous vous trouvez ou lui dans une situation, position qui dévalorise par exemple.

Ensuite, les photographes, eux aussi ont des droits concernant leur travail. Ils sont nombreux à faire le partage de leurs photos sur les réseaux sociaux, avec filigrane et signatures dans le seul but de se faire connaitre et de vous permettre de trouver votre photo parmi les 360 que peuvent contenir un album. En général les photographes mettent les mentions de partage et d’utilisation sur le post, veillez à respecter cela.

Par exemple il est souvent écrit : partage autorisé, copie interdite. Cela signifie que vous pouvez vous identifier sur la photo et la partager sur votre mur mais pas l’enregistrer pour la repartager. En fait, Facebook réduit au maximum la qualité des photos, donc l’enregistrer pour la recharger a bien souvent un impact visuel et vous risquez de froisser le photographe qui n’aimera pas qu’une photo apparaisse floue, retravaillée au niveau des teintes et luminosité par votre filtre instagram. C’est un préjudice pour son travail.

Les bonnes pratiques :

  • On ne coupe pas la signature ou le filigrane de la photo
  • On ne fait pas de screen capture (en plus c’est moche)
  • On partage la photo sur son mur en créditant l’auteur. (Attention pour l’utilisation à but commercial, se référer plus bas).
Partage des photos du concours, auteur crédité, mentions affichées

3/ Utilisation des photos pour le cadre privé

Que vous soyez professionnel (éleveur, cavalier) ou amateur en compétition, tous vos posts de résultats servent à la promotion de votre performance, celle de votre cheval, du matériel, de l’élevage, bref : c’est de la pub !

Les bonnes pratiques :

  • Si pas de désir d’achat de la photo : partager la photo en créditant l’auteur comme indiqué dans les mentions.
  • Si vous voulez garder la photo en réserve pour vous, les réseaux sociaux ou grand-mère qui est votre premier fan : on achète la photo, cela donne le droit à l’utilisation privée, on crédite quand même le photographe sur la publication si sa signature n’est pas sur cette dernière et même si elle l’est.En plus vous lavez en qualité poster ! 😀
  • Toute utilisation de la photo sans mention du photographe ou sans son accord : c’est du VOL.
  • Les photos de concours par l’organisateur, de type Uzès/SHF cette année. Il ne semble pas y avoir mention du nom du photographe, cela signifie que la propriété des photos est à la shf et qu’elles sont libres de droit. Sous réserve, vous pouvez les partager sans mention mais attention à ne pas couper la signature dans le coin.
Pour tous partages de la photo sur les réseaux, je crédite photo-sourire

4 / Utilisation de la photo pour le cadre promotionnel et commercial

Je reviens sur le post qui permet de promouvoir la performance : Que vous soyez professionnel (éleveur, cavalier, entreprise du secteur équin) ou amateur en compétition, tous vos posts de résultats (pour ceux dont c’est le métier) ou d’annonce de vente de chevaux ou de matériel neuf ou d’occasion (pour tous) ont un caractère commercial !

Les bonnes pratiques :

  • On achète la photo (sauf accord passé avec le photographe) ou on utilise ses propres photos, celle de ses potes, de ses fans, de grand-mère (ouai je sais pas terrible) pour tous posts de vente ou de promotion.
  • Par pitié : on ne poste pas une annonce avec une photo en filigrane, sérieux c’est moche ça ne valorise en rien votre annonce. C’est du VOL.

Oui car si demain quelqu’un s’amuse à utiliser vos compétences et votre domaine d’activité pour se valoriser lui ou faire de la vente, cela ne va pas vous plaire. Pareil pour eux, ce n’est pas très sympa surtout que…

L’utilisation non autorisé est passible d’une amende = Facture de l’utilisation de la photo + supplément pour préjudice moral. Du coup mieux vaut être prudent de votre côté.

Mentions de partage et de licence

5 / Dernier point : conseils et autres astuces

✅ Le prix normal d’une bonne photo au format numérique est de 25 à 30€, donc vous êtes vraiment gagnants car la plupart des photographes en endurance pratiquent un prix à 10€ et pourtant ils passent la journée debout ☀🌧 pour capter chaque cavalier. Photographe est un métier avec les cotisations, les formations, matériel … 10e c’est vraiment le minimum.

✅ Les photos publiées sur les pages des organisateurs sans crédit sur photo mais avec le logo du concours peuvent signifier que le photographe et l’organisateur ont un partenariat ou que celui-ci est rémunéré (genre Pise ou Euston) : dans ce cas-là vous pouvez bien souvent partager les photos en l’état depuis les pages FB, vérifiez le droit pour le partage commercial et créditez l’auteur. Dès lors qu’une signature du photographe apparaît dessus, l’image n’est pas libre de droit.

✅ L’utilisation d’une photo sur un site web ou un flyer est soumise aux mêmes droits, pour exemple pour les brochures ( extrait des barèmes upp) et attention l’utilisation non réglementée coûte chère ! Faudra expliquer à petit tonnerre pourquoi les carottes sont rationnées.

✅ La capture d’écran ou l’envoi par messenger ou facebook dénature votre photo, elle est pixellisée et réduite. Privilégiez whatsapp ou les échanges par mail pour recueillir vos photos et partager la meilleure qualité : une bonne photo c’est 20% d’interactions en plus garanties.

✅ Sur instagram : utilisez l’application reposta pour partager la photo du photographe, encore une fois, la capture d’écran et le retravaille de la photo sont du vol.

✅ Pour Facebook, pensez à identifier vos partenaires et amis sur la photo, cela leur permet de partager à leur tour, surtout pour vos partenaires qui seront également dans le « droit chemin » en partageant 🤪

🔺 Évitez de publier des photos de vos chevaux avec : la tronche carrément à l’envers et tirant sur le mors au départ de boucle, des traces d’éventuelles blessures, les côtes saillantes par un jeu de lumière raté, tous ces détails qu’une mauvaise photographie peut disproportionner et donner l’impression que votre cheval n’est pas bien (déjà que certains pensent qu’un cheval qui repose son pied est en grande souffrance ou que quand il ferme les yeux il est au bord de l’effondrement…) je rajoute cela c’est un conseil pour ne pas avoir de mauvaises surprises venant de novices, de dé-traqueurs des réseaux sociaux, de la voisine vegan ou de cette personne que vous ne connaissez pas mais qui derrière son écran peut gratuitement et facilement vous insulter sans connaitre le contexte et qui de toute façon s’en fiche. 👀

J’espère que cet article vous aidera à mieux comprendre l’utilisation des photos et à vous éviter des soucis. N’hésitez pas à poser vos questions !